Comment écrire un roman inclusif sans faire de discrimination ?

Comment écrire un roman inclusif et non-discriminant

Sophie Gauthier

Sophie Gauthier vous apprend à écrire et à vivre de vos écrits. Articles, livres, romans, pages de vente : découvrez comment rédiger et devenir un pro de la plume !

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10 réponses

  1. Clem dit :

    Bonjour Sophie, merci pour cet article très éclairant. Je suis tombée dessus dans ma réflexion sur le bien fondé de faire de mon second personnage principal un homme (l’héroine étant une femme) car j’arrive au bout de mon roman et je me rends compte que somme toute ça n’est pas essentiel au bon déroulement de l’histoire.
    En lisant l’ensemble de l’article je réalise que de nombreux autres personnages pourraient être modifiés pour rendre le roman plus inclusif, mais j’ai peur de tomber dans l’écueil opposé et que cela apparaisse comme un “quota” à atteindre mais que ça ne fasse pas naturel.

    Quels conseils me donnerais-tu ? Est-ce que je dois réécrire l’histoire de sorte à ce que tous les éléments d’inclusivité apparaissent ? Je veux bien faire, mais j’ai peur d’arriver au résultat opposé. D’avance merci pour ta réponse !

    • Hello Clem,

      Je suis d’accord avec toi : réécrire ton roman pour y inclure des personnes discriminées est improductif. Déjà, un histoire vraiment organique ne peut tenir debout qu’avec les personnages qu’on a créé pour cette histoire spécifique. Les réinventer à la fin du roman serait absurde. Pour un prochain roman, pense-y, si l’une de ces communautés te touche et que cela a un rapport avec ton histoire, n’hésite pas.

      Cet article est avant tout pour éviter de discriminer les personnes en créant des personnages stéréotypés négativement. Si tu as créé un personnage féminin, tu peux te servir de cet article pour relire ton roman avec un esprit plus éclairé : si tu as par exemple sexualisé ce personnage sans raison (genre en décrivant son “opulente poitrine” ou “sa chevelure de déesse” alors qu’elle est médecin), cela vaudrait sûrement le coup de modifier ces parties-là. N’hésite pas à venir nous donner le lien de ton roman en réponse ci-dessous quand il sortira. 🙂

  2. Marie dit :

    Bonjour,
    Cet article est très chouette. Il m’a touchée par son bel esprit. Et me voilà doublement contente de t’avoir acheté des formations, Sophie. J’avoue que souvent un bon livre me tombe des mains pour ces détails qui bien sûr sont tout sauf des détails.
    Exemple, je suis férue de santé naturelle et parfois je stoppe la lecture de l’article avec un noeud à l’estomac. Parce que pour appuyer son argumentation l’auteur explique placidement et avec force détails que cela fut testé (scientifiquement, n’est-ce-pas ?) , expérimenté sur des rats, des singes, etc. Cela me glace que l’on puisse encore, dans un article sur la santé naturelle, valider ces tortures faites sous des prétextes tellement dérisoires, en regard d’une vie. Surtout qu’il y a des alternatives.
    Bon sinon, je pensais aussi à une valorisation, celle de la nature. Qui ne soit pas juste un paysage (et donc, je ne parle pas de lyrisme), ou une ressource. Tiens, je consultais ce matin un guide la flore et de la faune. Au chapitre des arbres, l’auteur nous dit sans broncher que l’érable sycomore vit 500 ans et que c’est un bois bon pour la lutherie. Hop, là ! Tel autre est un bon combustible ( Bon ok, il ne dit pas que ça mon guide) (qui ne s’appelle pas Nathalie). Le mot “environnement ” aussi m’énerve. Tellement employé de nos jours, il met en évidence notre vision auto-centrée.

    • Hello Marie, merci beaucoup ! Je suis tout à fait d’accord avec toi, le problème de fond vient du principe “humaniste”, c’est-à-dire l’Homme au centre et le reste pour le servir. Et oui c’est vrai que l’environnement signifie “environnement de l’Homme”. Il y a tellement d’abus au niveau de la coupe des arbres, surtout des forêts primaires, les tribus d’Amazonie luttent contre ça, mais on coupe sans état d’âme des arbres sacrés (et qui sont un éco-système) qui ont plusieurs siècles…

  3. Marion T dit :

    Pour éviter la transphobie “les êtres de genre féminin” serait plus approprié que “sexe féminin” qui renvoie à la biologie et non à la manière dont chacun.e s’identifie :). Et ne pas oublier toutes les personnes non binaires ou avec une identité de genre différente de “femme” ou “homme” que l’on peut inclure avec le “x” par exemple

    • Hello Marion,

      Merci pour ton commentaire. Dans ce cas-là, je parle bien de femmes cis-genre, donc de sexe féminin, qui rencontrent des discriminations bien spécifiques, liées à leur sexe (règles, enceinte, corps, rôle dans la société, etc.). Je parle de la transphobie dans la catégorie homophobie. C’est vrai que j’aurais pu créer une section “transphobie” à part, mais il me semblait que j’allais pas mal me répéter avec ce que j’avais déjà dit dans sexisme et homophobie. Je suis néanmoins tout à fait d’accord qu’une personne peut s’identifier au genre qui lui convient. J’ai placé un lien vers l’écriture inclusive qui parle de la grammaire neutre, mais si tu as des liens, vidéos, livres, articles, etc, pour étayer le sujet des genres ni femme ou homme, n’hésite pas à me les donner et je les mettrai.

  4. Naomie dit :

    Salut Sophie,
    Excellent sujet d’article. Encore si peu abordé…
    “Beauté fatale” m’a marqué aussi.
    Et merci de le rappeler : y’en a marre des protagonistes noir.es qui meurent toujours en premier!
    😉

  5. AE Le Danlat dit :

    Bonjour Sophie,
    Merci infiniment pour cet article, que je conserverai dorénavant dans mes favoris.

    Comment contourner ce qui se voit partout et le faire convenablement est une question centrale dans la façon dont je construis les histoires que je veux écrire. Il ne s’agit pas de cocher des cases pour faire moderne, mais bien de déterrer une richesse enfuie. Lire ton article, s’intéresser à ces personnages, c’est cultiver sa créativité.

    Pour éviter les « tropes » récurrents, et en bonne accro à Youtube, j’ai pour ma part regardé beaucoup de vidéos (la plupart en anglais) sur les chaînes suivantes : The Take (surtout pour les personnages féminins), Hello Future Me, Pop Culture Detective (surtout pour les romances), Fabien Campaner et Lucie Card et Le Tropeur.
    Etudier les fictions mainstream me permet de réfléchir à comment écrire de la fiction autrement. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout ça tout ça…

    C’était ma contribution.
    A bientôt !

    • Merci beaucoup pour ta participation AE ! Je vais aller faire un tour sur ces chaînes et j’en ajouterai dans l’article. 🙂 Tu as tout à fait raison pour la richesse que l’on déterre : on se prive de tellement de complexité et de sensibilité en utilisant des personnages stéréotypés, la réduction de la pensée entraîne la réduction de la richesse créative, merci de le souligner.

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