Comment trouver son style d’écriture

Comment trouver son style d’écriture ?
Pour trouver son style d’écriture, il faut apprendre à mieux se connaître, lire des auteurs variés, identifier ce que l’on aime ou déteste dans leurs textes, écrire régulièrement, préciser sa pensée et accepter de montrer sa personnalité. Le style ne se fabrique pas en ajoutant des effets : il se révèle peu à peu dans vos choix, votre rythme, votre humour, votre sensibilité et votre manière de regarder le monde.
Trouver son style d’écriture demande donc du temps et de la pratique. Plus vous écrivez librement, plus vous repérez les tournures, les sujets, les images et les tonalités qui vous appartiennent réellement.
Trouver son style d’écriture : la méthode en résumé
- Apprenez à vous connaître. Vos émotions, vos valeurs, vos obsessions et votre humour nourrissent votre voix.
- Lisez ce qui vous attire vraiment. Vos goûts révèlent le type d’écriture qui vous correspond.
- Analysez ce que vous aimez et ce que vous rejetez. Les deux vous aident à définir vos choix stylistiques.
- Écrivez souvent et sans vous censurer. C’est par la répétition que vos particularités apparaissent.
- Travaillez la précision. Cherchez les mots, les images et les rythmes qui traduisent exactement votre pensée.
- Variez les interlocuteurs et les tons. Vous découvrirez les registres dans lesquels votre voix est la plus forte.
- Relisez et retravaillez. Trouver son style d’écriture ne signifie pas publier le premier jet : le style se précise aussi pendant la réécriture.
Comment trouver son style d’écriture ? Et d’abord, possédez-vous votre propre style d’écriture ?
Lorsque vous écrivez, vous sentez-vous ennuyeux et plat ? Pensez-vous: « J’ai une excellente grammaire, mes phrases sont logiques et bien tournées, mais je ne prends aucun plaisir à lire mes propres textes » ?
Ou encore, plein de confiance, commencez-vous à écrire une nouvelle ou un roman mais en vous relisant, êtes consterné par votre nullité et classez ces honteux incipits dans un dossier « À retravailler » ?
Ou pire, vous trouvez-vous remarquable, mais personne ne vous complimente jamais sur votre style, ni ne commente jamais vos articles de blogs ou ne vous écrit de mails pour vous faire part de leur admiration?
Et si c’était dû à votre style? Ou du moins, à votre absence de style, hum…
Si ce n’est que ça, pas de souci mes petits loulous, je vais vous apprendre dans un nouvel article palpitant comment trouver son style d’écriture en moins de deux. (ans) (megalol)
Tout d’abord, commençons par nous poser la question: qu’est-ce que le style ? Selon le célèbre dictionnaire de langue, Trésor de la langue française, le style constitue « l’ensemble des traits expressifs qui dénotent l’auteur dans un écrit ».
Woilà. T’es bien amené avec ça.
« Mais où qu’ils sont mes traits expressifs ? » demande Anne-Clotilde.
Tes traits expressifs, Anne-Clotilde, sont tant le fond que la forme de ce que tu dis.
« Hein, quoi ? » demande encore Anne-Clotilde, qui, comme vous pouvez le constater, manque totalement de style à l’oral.
Et bien, Anne-Clotilde, quand tu parles ou quand tu écris, tu utilises des mots pour exprimer ta pensée. L’originalité de ta pensée ainsi que la façon dont tu vas utiliser ces mots, constitueront ton « style ».
« Ouais, mais, miom miom, alors pourquoi que chu dis que j’ai pas de chtyle, moi? » rétorque Anne-Clotilde, en mâchant des mentos.
Je vais t’expliquer Anne-Clotilde, je vais t’expliquer.
Trouver son style d’écriture : se définir soi-même
Qui êtes-vous ?
A l’entrée du temple de Delphes, est inscrit le fameux Gnothi seauton ou « Connais-toi toi-même ». Et à Delphes, à l’époque, ça déconnait pas. Y avait Socrate, Platon, la Pythie, Apollon et son sanctuaire et c’était même l’un des lieux de villégiature de Dionysos, le dieu de la bibine, du vin et du théâtre.
Alors, écoutons ces vieux grecs (à ne pas confondre avec kebabs moisis) et apprenons à nous connaître nous-mêmes.
Pour se connaître soi-même, il est nécessaire d’avoir accès à ses émotions. Passez une journée à vous demander « Qu’est-ce que je ressens ? » « Qu’est-ce que ça me fait ? » et essayez d’y répondre le plus sincèrement possible. Vous avez le droit de vivre chacune de ces émotions et si celles-ci sont douloureuses à vivre, c’est qu’elles ont été longtemps réprimées.
Ce travail est nécessaire, et si vous passez toutes vos journées à essayer de les éviter, en jouant à Candy Crush ou en lisant des citations Facebook, alors vous n’aurez jamais accès à la plus grande part de vous-même.
Réfléchissez à ce que vous aimez bien chez vous. Si vous êtes sincère dans cette démarche, vous pourriez être surpris. Vous pensez que vous aimez votre « gentillesse », mais au fond, n’est-ce pas votre mère qui l’apprécie? Peut-être que vous préférez au fond, et en secret, votre imagination, ou votre talent pour draguer…
Si vous vous jugez négativement, c’est que l’on vous a jugé longtemps négativement (dans votre famille, puis à l’école, ou encore en fréquentant des gens malveillants), il faut donc défoncer la tronche à ces sentences appliquées à vous-même, et qui vous vont aussi bien qu’un gant mapa sur la tête d’une brebis.
Prenez tous les jugements et les critiques qu’on vous a balancés toute votre vie et écrivez-les sur des bouts de papiers. Ça peut être « Stupide », « Pas doué » ou encore « Empoté » et prenez-les un à un, regardez-les bien, et déchirez-les en criant: « Tiens, ah je suis stupide! Et ben regarde ce que j’en fais de ta remarque de merde, tu peux bien te la garder! ». Vous pouvez aussi frapper un coussin en gueulant: « Je suis quelqu’un de bien, alors acceptez-moi comme je suis! Merde! Merdeuuuu! » À faire tant que vous en avez besoin.
Se connaître, c’est se comprendre et se comprendre, c’est s’aimer! Twittez cette citation enthousiasmante.
Ensuite, vous allez repenser à vos rêves d’enfants. Que vouliez-vous faire « quand vous seriez plus grand » ? Une princesse ou un pirate sommeille peut-être en vous. Carrément.
Achetez-vous un truc que vous voulez depuis longtemps, mais que votre « adulte relou intérieur » juge infantile. Comme des legos, une console, des gommettes, une barbie, un trampoline, un vidéo-projecteur, un fauteuil qui se balance, des confettis, un robot-chien, des castagnettes, un tube à bulles, du fanta et des pailles, un déguisement de cow-boy, etc…
Faites des trucs marrants que votre « adulte relou intérieur » juge complètement déplacés: sautez sur votre lit pendant 1h en écoutant Daft Punk, mangez avec les doigts ou avec la bouche directement dans l’assiette, promenez-vous tout nu chez vous en vous dandinant et en criant « Coin coin! je suis le canard tout nu! », marchez dans les feuilles mortes, jouez avec votre chien en faisant le fou, tirez la langue à des automobilistes quand vous êtes dans le bus…
Encore une fois, réfléchissez à ce qui vous amuse vraiment, car regarder des vidéos sur Youtube ou le dernier épisode de Walking dead, n’est peut-être pas source de grosse éclate! Avez-vous vraiment envie de passer une énième soirée avec Gilberte et Richard, le couple sympathique ? Aller picoler dans ce club va-t-il réellement enchanter votre nuit?
Tout ce qui peut contribuer à vous amuser et à vous faire vraiment plaisir fera partie intégrante de la personne que vous êtes. Car l’être humain est naturellement joyeux et enthousiaste.
Et comme l’écrivait Emil Cioran: “On n’écrit pas parce qu’on a quelque chose à dire, mais parce qu’on a envie de dire quelque chose.”
Lire pour développer un style littéraire
Lire ce qui vous plaît
Si vous n’avez pas le temps de lire, ou que vous n’aimez pas ça, ce n’est pas grave du tout. Dans ce cas, prenez une corde, attachez-la à une poutre et…
Non je plaisante, mais franchement, si vous prétendez écrire pour quelqu’un d’autre que votre maman, voire de vivre de vos écrits, il faut lire.
Lire, ce n’est pas forcément lire Balzac ou Proust. Il vous faut justement trouver le genre de lecture que vous aimez. Les auteurs qui vous plaisent seront proches de votre personnalité et seront ceux qui vous inspireront pour que vous puissiez vous révéler à vous-même.
Si vous êtes particulièrement fans de romans policiers noirs, vous finirez par inviter le suspens, la psychologie et le sens du détail dans vos écrits. De même si vous préférez les autobiographies, la poésie, les grands romans épiques…
Que recherchez-vous ?
Il est aussi important que vous soyez conscient de ce que vous cherchez dans la lecture. Il est tout aussi valable de vouloir comprendre sa propre vie, que de chercher à vivre les émotions les plus fortes, de stupéfier votre cortex par des retournements de situations, ou encore de sombrer avec volupté dans les descriptions de paysages merveilleux…
Et puis un livre en appelle un autre, alors ne vous inquiétez pas de votre niveau littéraire, car votre curiosité sera le fil conducteur de votre savoir.
Il y a quelques années, je me rappelle avoir essayé, sur les conseils d’une prof, de lire « La chambre de Jacob » de Virginia Woolf, et d’avoir énormément culpabilisé de ne rien comprendre et de décrocher à chaque phrase.
Mais mes lectures variées, sur des sujets qui m’attiraient au-delà de toute convenance sociale et bourgeoise (ô, toutes ces jolies bibliothèques remplies de Kerouac et de Rilke incompris…), ont fini par m’amener à l’essai « Une chambre à soi », et là, j’ai pu enfin comprendre cette écrivaine, ce qu’elle voulait vraiment dire et exprimer. J’ai saisi sa pensée et son indignation face à la position des femmes dans la création artistique, et pu apprécier ses théories passionnantes sur la spontanéité de l’écriture. Ce qui m’a naturellement amenée à lire « L’écrivain et la vie », un recueil de textes passionnants sur son rapport à l’écriture.
Et c’est ainsi que, curieuse de savoir ce que « La chambre de Jacob » avait à me révéler, j’ai eu envie de souffler la poussière qui s’était accumulée sur sa tranche depuis des années, et de le relire. J’ai pu ainsi enfin, découvrir, comprendre et ressentir toute la complexité de ce fameux Jacob, et réaliser énormément de choses sur la façon dont on peut voir quelqu’un, le ressentir et le décrire…
Comprenez-vous? Je n’ai non seulement pas lu « La chambre de Jacob » parce qu’il le fallait, selon quelqu’un d’autre que moi, mais j’ai pu aussi le lire avec ma propre volonté de recherche, ma propre vision m’accompagnant tout au long du livre.
En gros, lisez pour vous, par vous et à travers vous.
Lisez des conneries
La pensée dominante, qui a valu à de nombreux anciens élèves de 1ère, de haïr les grandes œuvres, tout en culpabilisant d’aimer lire « des conneries », voudrait que vous vous abîmiez la cornée à des fins de « culture » de « respect de votre patrimoine », pour être un être « éduqué », « brillant », qui croit qu’interpréter l’auteur en le confrontant à l’Histoire ou en déchiffrant ses Axes de lecture, va pouvoir vous amener à aimer lire. N’importe quoi !
Alors lisez des livres, des magazines, des blogs, des emballages de produits (oui, ils vous enseignent le copywriting), des vieilles lettres qu’on vous écrit par le passé, des journaux, des journaux gratuits (parfois, on déniche des perles dans les magazines gratuits d’avion, je vous jure), etc…
Voici une liste de blogs avec un style que j’adore:
http://unodieuxconnard.com/
http://www.henrymichel.com/
Et comme je les lis depuis des années, il est fort possible que vous retrouviez dans mes articles un peu de leur style !
Gribouillez sur vos livres
« Mais ma maman m’a dit de jamais gribouiller sur les livres ! » s’exclame Anne-Clotilde.
Anne-Clotilde, tu as 47 ans. Il est temps de lire ce qui va suivre:
Il fut une époque où vos parents « vous » achetaient un livre tout en vous faisant bien comprendre que c’était eux qui l’avaient payé et qu’il n’était à vous que dans une certaine mesure.
Je connais pas mal de personnes qui se sentent obligées de mettre des marque-pages au lieu d’écrire dans la marge, ou de coller des post-it, comme si le livre allait leur être repris un jour, ou qu’ils allaient être dans l’obligation, à un moment donné, de le prêter.
Mais c’est VOTRE livre bordayl, vous écrivez ce que vous voulez dedans, vous annotez, vous surlignez, et si un jour vous avez envie de le relire de façon plus « fraîche », rien ne vous empêche de le racheter ! Et franchement, avez-vous souvent envie de relire un livre? A part les livres dont vous êtes totalement fans et que vous relisez au moins une fois par an (c’est le cas pour moi avec la saga Harry Potter ou encore Le drame de l’enfant doué d’Alice Miller), les autres finissent toujours par prendre la poussière jusqu’à ce que vous vous résigniez à les revendre dans une brocante pour 15€ le paquet de 20…
Annoter un livre, c’est:
retrouver facilement les phrases qui vous ont marqué, par leurs tournures ou leurs idées
relire les points clés, afin de faire un résumé
avoir des citations à sa disposition
observer la structure de l’ouvrage
Je vous conseille de vous procurer ces petits marque-pages post-it de toutes les couleurs qui permettent de distinguer les annotations entre elles, ainsi que des feutres surligneurs.
Lire à voix haute
Lire à voix haute vous permettra de comprendre le rythme d’une phrase ou d’un paragraphe. Cela vous imprégnera de ce que vous lisez, non seulement par les yeux, mais par les oreilles et votre mémoire « tactile » (vibrations de la gorge et mouvements de la bouche) sera aussi de la partie, afin de mieux retenir ce que vous lirez.
Lisez à votre entourage quelque chose qui vous a plu, en essayant de mettre en forme, de telle façon à ce qu’ils ressentent eux-aussi ce que vous avez ressenti. Cela vous permettra de comprendre ce qui est important dans la phrase et qui lui permet d’avoir de la force.
S’imprégner d’un style que l’on aime, c’est se permettre l’inspiration et le droit de copier sans plagier. Chaque imprégnation du style d’un autre vient améliorer votre style et se confronte à toutes les lectures déjà intégrées par votre esprit. Utilisez vos lectures comme le peintre sa palette et rendez à travers vos écrits votre propre perception du monde.
Critiquez
Lire des textes que vous n’aimez pas vous permettra de comprendre ce qui marche ou ne marche pas pour vous. En effet, vous n’écrivez pas pour tout le monde, mais pour des gens qui aimeront ce que vous écrivez. Ce sont des personnes qui font partie de votre « famille de pensée » et qui ne voudront pas lire ce que vous-même n’aimez pas lire.
Donc, lisez et critiquez allègrement. Par exemple, quand je lis Proust, j’ai envie de hurler: « Mais pourquoi t’écris cette phrase de 8 lignes ! J’aurais jamais fait ça ! J’ai l’impression de suffoquer ! Un point-virgule ? Et puis quoi encore? » Ce qui ne m’empêche pas d’apprécier certains passages de À la recherche du temps perdu, par ailleurs. Mais je fais partie des gens qui veulent lire des propos qui en viennent vite au fait. Ce n’est pas que je trouve les éléments des phrases de Proust inutiles, je vois bien que dans un sens, elles sont parfaites, mais il attire des lecteurs et certainement est-il comme cela lui-même, qui aiment se complaire dans l’observation de leurs mouvements de pensées et s’émerveiller sans cesse de leur propre capacité à ressentir. Ce qui perso, me gonfle.
Cherchez donc à comprendre ce que vous n’aimez pas dans le style de l’autre, vous aidera à ne pas le reproduire.
Essayez alors de réécrire les passages, afin qu’ils vous plaisent. C’est un excellent exercice de style.
Voilà comment je vais réécrire ce passage de Proust qui me provoque de l’asthme lorsque je le lis:
Mais tandis que chacune de ces liaisons, ou chacun de ces flirts, avait été la réalisation plus ou moins complète d’un rêve né de la vue d’un visage ou d’un corps que Swann avait, spontanément, sans s’y efforcer, trouvés charmants, en revanche, quand un jour au théâtre il fut présenté à Odette de Crécy par un de ses amis d’autrefois, qui lui avait parlé d’elle comme d’une femme ravissante avec qui il pourrait peut-être arriver à quelque chose, mais en la lui donnant pour plus difficile qu’elle n’était en réalité afin de paraître lui-même avoir fait quelque chose de plus aimable en la lui faisant connaître, elle était apparue à Swann non pas certes sans beauté, mais d’un genre de beauté qui lui était indifférent, qui ne lui inspirait aucun désir, lui causait même une sorte de répulsion physique, de ces femmes comme tout le monde a les siennes, différentes pour chacun, et qui sont l’opposé du type que nos sens réclament.
Ma version:
Mais si chacune de ces liaisons ou flirts avait été la réalisation d’un rêve, né de la vue d’un visage ou d’un corps que Swann avait trouvé spontanément charmants, en revanche, quand au théâtre il fut présenté à Odette de Crécy par un de ses amis d’autrefois, elle lui était apparue, non pas certes sans beauté, mais d’un genre de beauté qui lui était indifférent.
Son ami lui avait parlé d’elle comme d’une femme ravissante avec qui il pourrait peut-être arriver à quelque chose. Il lui avait fait passer pour plus difficile qu’elle n’était en réalité, afin de paraître lui-même avoir fait quelque chose de plus aimable en la lui faisant connaître.
Mais elle ne lui inspirait aucun désir, et lui causait même une sorte de répulsion physique. Elle semblait de ces femmes comme tout le monde a les siennes, différentes pour chacun, et qui sont à l’opposé du type que nos sens réclament.
Écrire : la meilleure manière de trouver son style d’écriture
Écrire avec endurance
Le style, c’est maîtriser l’art d’être soi. Et à travers l’écriture, le Soi se révèle par une pratique assidue.
Le style ne s’invente pas, il se découvre. Twittez cette citation inspirante
Il vous faut donc écrire et encore écrire, afin de dégager peu à peu vos particularités, votre rythme et vos aptitudes à retranscrire vos émotions de la façon la plus juste et la plus précise.
J’aime écrire ce qui me passe par la tête sur de nombreux supports et à n’importe quelle heure. Je possède de multiples carnets et bloc-notes, des cahiers…Sur mon PC, j’utilise Word, Evernote, des blogs personnels (j’en ai au moins 4 actifs et 5 abandonnés, comme on laisserait traîner chez soi de petits bouts de papiers griffonnés), j’ai aussi utilisé pendant quelques temps le site 3 pages (la plus longue chaîne que j’aie tenue fait 17 jours).
J’ai écrit au réveil, avant de dormir, les nuits d’insomnie, dans le métro, en cours, n’importe où et n’importe quand.
Et voilà ce qui m’a le plus aidée:
J’ai acheté un énorme bloc-note à petits carreaux et plusieurs stylos Frixion noirs (que j’adore). Je les pose sur ma table de chevet et le matin, dès le réveil, je bois un peu d’eau, je m’assois confortablement en calant mon oreiller contre le mur, je surélève mes genoux en mode table, et j’écris sans m’arrêter pendant 1 heure, tout ce qui me passe par la tête, sans me juger.
Au début ça ressemblait à « Euh, là je sais pas quoi écrire, euh, pourquoi je répète sans cesse les mêmes trucs…Je suis nulle ou quoi… » et à force de me laisser aller à exprimer ce que je pensais et ressentais vraiment dans l’instant, au lieu de chercher à écrire quelque chose de bien, pour quelqu’un, j’ai fini par pondre sans problème des pages et des pages de textes remplis de sens, et assez bien écrits. J’ai même créé une forme de théâtre, que je laisse de côté pour l’instant, mais dont j’espère faire quelque chose, un jour.
Écrire pour soi
Louis Aragon raconte dans ‘Je n’ai jamais appris à écrire », que dans son enfance, il commença à écrire en utilisant un mélange de syllabes, symboles et dessins, et que personne ne pouvait comprendre ce qu’il écrivait.
« Peu à peu, je me mis à me persuader que l’écriture n’avait pas du tout été inventée pour ce que les grandes personnes prétendaient, à quoi parler suffit, mais pour fixer, bien plutôt que des idées pour les autres, des choses pour soi. Des secrets. Le jour où cela me vint à l’esprit, j’en fus si frappé que je me mis à tenter d’écrire, en cachette, sur n’importe quoi, le papier, les murs, avec une passion violente. »
Écrivez alors vos propres secrets. Comme Aragon, dans son poème « Je vais te dire un grand secret », écrivez vos textes en les commençant par « Je vais te dire un grand secret ». Quels seront les secrets que vous voulez révéler, et à qui? Que n’osez-vous jamais dire, et pourquoi?
D’autre part, vous arrive-t-il d’avoir le problème de la page blanche?
La page blanche, c’est quand on ne sait pas comment commencer.
Cela ne signifie pas que vous n’avez rien à dire, mais que vous vous dites inconsciemment: « Ça n’intéressera personne. » ou encore « C’est nul ce que j’écris ! »
Commencez par écrire pour vous. Par exemple, quand j’écris cet article, je ne commence pas par écrire l’intro. C’est impossible. Comment savoir comment je vais introduire quelque chose que je n’ai même pas encore écrit ! En plus, l’intro doit être super rythmée, spontanée, donner envie de lire la suite, bref, c’est dans l’intro que vous devez être le meilleur. Au début je suis toujours un peu rouillée quoi, alors qu’après avoir écrit 6000 mots, je suis « assouplie », j’écris carrément mieux.
Donc je commence par écrire ce qui m’éclate le plus. Ici, j’ai commencé par écrire les titres, en pensant à ce que j’aimerais enseigner dans cet article. Puis, j’ai écrit des citations que j’ai inventées et j’ai mis quelques idées sous chaque titre. Puis j’ai cherché des images. Ensuite, j’ai rédigé la liste à puce de « se définir soi-même ». Le paragraphe que je suis en train de rédiger à présent sous vos yeux ébahis, je l’ai écrit après la section qui suit « définir sa pensée », parce que soudain j’ai pensé: « Ah mais oui, je voudrais dire ça, mais ça colle pas dans cette section là, alors je vais retourner plus haut la caler au bon endroit. »
Définir sa pensée
Est-ce qu’écrire est laborieux pour vous, et peinez-vous à rédiger un article de blog qui fasse plus de 500 mots? Alors cela signifie que vous vous censurez vous-même.
Il est important, afin de ne jamais vous censurer, que vous définissiez votre propre vision de la vie.
Pourquoi une absence de vision peut vous censurer? Parce que pendant que vous écrivez, et vous vous en rendez peut-être déjà compte, vous vous jugez. Et ce jugement est comme une main noire diabolique qui vient se saisir de votre pensée spontanée pour l’anéantir avant même que celle-ci n’ait pu être exprimée.
Définir votre vision à propos de la vie vous permettra de vous ancrer dans votre pensée et de rehausser votre estime de vous. Cela créera un port d’attache à vos écrits spontanés, qui pourront toujours se référer à elle. En gros, votre envie d’écrire ci ou ça sera « validée » par la vision. « Je peux écrire ceci, puisque je pense cela. »
« Un mauvais style c’est une pensée imparfaite » Jules Renard
Écrivez donc dès à présent votre vision:
-De la vie en tant que phénomène biologique « Pourquoi vit-on? Quel est le but de la nature? »
-Du sens de la vie en tant que phénomène ontologique « Pourquoi suis-je sur cette Terre? »
-Du sens de votre propre vie: « Quelles sont mes valeurs? Est-ce que je vis en fonction de ces valeurs? Qu’est-ce que je fais de mes journées? Pourquoi? Est-ce que j’aimerais vivre une autre vie? Est-ce que je voulais faire ça quand j’étais petit? Est-ce que j’apprécie toutes les personnes que je fréquente? Est-ce que je suis lié à des personnes qui me font évoluer? Pourquoi est-ce que je reste avec elles? Qu’est-ce que j’aime faire de mon temps libre? Est-ce que je me récompense de mon travail par des vacances, ou suis-je libre de mon temps? Qu’est-ce que je ferais si j’avais 1 milliard d’euros? Si je devais mourir demain, qu’est-ce que je ferais? Qu’est-ce que je déteste dans le comportement des autres, dans la politique, dans l’éducation, dans les valeurs de ma famille? Où est-ce que j’aimerais être dans 1 mois, dans 1 an, dans 5 ans, dans 10 ans, dans 20 ans, le jour de ma mort? »
Une fois que vous aurez répondu à toutes ces questions de façon la plus détaillée possible, vous aurez une vision de vous-même et de la vie qui vous permettra d’améliorer votre spontanéité et d’enrichir votre style.
Être précis
La précision, c’est le perfectionnement de votre pensée. Arrivés à cette étape, vous êtes spontané, libre dans vos écrits, vous avez une vision claire de ce que vous pensez de la vie, mais vos écrits demeurent assez fades.
La meilleure phrase ne saurait convaincre si elle ne reflète pas exactement votre sentiment.
Par exemple, la phrase que je viens d’écrire. Je l’ai réécrite trois fois. Au début j’avais écrit « Le meilleur style » après je me suis dit: « Non mais n’importe quoi, un style ne peut pas être le meilleur puisqu’il n’y en a pas », ensuite j’avais écrit « précisément », mais je me suis imaginée le dire à voix haute et ça manquait de panache et de conviction. « Exactement », surligné en gras, c’est vraiment mon genre. D’appuyer comme ça, ce mot-là.
« La vraie force du style est dans le sentiment » Henry de Montherlant
Z’avez vu? Même Montherlant le dit. Alors comment fait-on pour que « le sentiment » donne de la force à votre style?
Parce que je me rappelle avoir reçu une lettre d’amour quand j’étais ado, par un garçon certainement transi de passion et d’hormones, mais cette lettre était plate comme un frisbee. Du coup, je n’ai donné suite à son appel.
En la relisant aujourd’hui (je garde toutes mes vieilles lettres, pour témoigner un jour d’un monde sans e-mails) (et aussi parce que j’adore les relire), je me rends compte qu’il n’a pas vraiment écouté ses sentiments en l’écrivant, mais qu’il s’est plutôt inquiété de savoir si j’allais répondre favorablement et s’est efforcé de « bien écrire ».
Donc, pour vous entraîner à décrire précisément vos sentiments, écrivez une lettre d’amour. Non, pas à Roger avec qui vous êtes en couple sclérosé depuis 15 ans et qui vous crie actuellement « Hé, t’es encore en train de lire tes blogs de merde? Va donc me préparer un casse-dalles, j’ai mon match ». Auquel cas, ce serait plutôt une lettre avec accusé de réception notifiant d’une demande de divorce.
Non, écrivez à votre amour impossible de lycée, ou à celui ou celle qui vous a quitté un jour sans raison, ou encore à celui ou celle qui vous fait rêver jour et nuit au point d’en avoir des cernes, il faut que la personne à qui vous écrivez stimule tous vos sens et affole les compteurs dès que vous pensez à elle.
Ainsi: « Je t’aime » peut devenir « Si tu pouvais te voir comme je te vois, tu tomberais amoureux de toi-même. »
Je n’ai pas très envie de parler des adverbes et des locutions verbales, car cela m’ennuie. Je ne me suis jamais réellement préoccupée de ce genre de détails et j’estime m’en porter assez bien. Donc si vous avez envie de savoir quelles sont les techniques pour « paraître avoir du style », il vous faudra chercher ailleurs.
Mais si je peux vous donner un conseil au niveau du rendu, c’est de relire et relire, jusqu’à ce que vous soyez totalement satisfait de votre texte. Soignez le détail. Ne vous traitez pas vous-même de maniaque ou de perfectionniste, et résistez à l’adage insupportable de « ne pas se prendre la tête ».
Oui, prenez-vous la tête, et à pleine main, que vos neurones s’agitent et se stimulent, que votre jugement s’aiguise et que votre dignité s’affiche. Pourriez-vous honnêtement publier un article contenant cette phrase ridicule (à vos yeux), ce paragraphe chiant que même votre mère juive n’aimerait pas?
Varier les tons
À qui tu parles ?
Il y a une excellente technique pour avoir un style percutant et qui sera vraiment le vôtre. C’est de définir un interlocuteur.
Selon que vous écrivez à Tata Monique ou à un inspecteur de police, vous n’emploierez pas du tout le même ton.
Voilà par exemple une phrase prise au hasard dans « Le prisonnier d’Azkaban »:
« Debout dans l’encadrement, éclairée par les flammes vacillantes, se dressait une haute silhouette enveloppée d’une cape, le visage entièrement dissimulé d’une cagoule. »
À Tata Monique:
« Non mais tu te rends compte? Il était là avec sa cape et sa cagoule, debout dans l’encadrement de la porte ! En plus, les flammes faisaient bouger les ombres, tu parles d’une angoisse… »
À un inspecteur de police:
« L’homme était dans l’encadrement de la porte. Dans l’encadrement, oui. Et bien, les flammes faisaient bouger son ombre sur le mur, c’est comme ça que j’ai pu constater qu’il avait une cape et une cagoule. Voilà. »
Allez au théâtre
S’il y a bien un art dans lequel le texte est enrichi de tons variés, c’est bien le théâtre. L’écriture dramaturgique possède ses propres codes, et les phrases sont écrites avant tout pour être dites. De plus, une même phrase ne sera pas dite de la même façon selon le comédien, et le parti pris du metteur en scène.
Allez voir comment une phrase prend du rythme, où le comédien semble-t-il avoir placé sa ponctuation?
Dans la même veine, regardez des films, et lisez les scripts. Voyez comme l’écriture scénaristique prend en compte la personnalité de l’acteur. Le scénariste a souvent une idée précise du comédien qu’il voudrait voir dans le film, avant même de lui en avoir parlé !
A lire: les scripts de Kaamelott. Ce qui est intéressant avec ce site de fans, c’est que les scripts ne sont pas les originaux, mais la retranscription littérale de la série, reprenant le rythme et les intonations telles qu’elles sont jouées par les acteurs. (Si vous ne connaissez pas cette série, je vous en conjure, passez 1 semaine sous la couette à mater les 6 saisons. Le style d’Alexandre Astier est formidable de spontanéité, de rythme, d’humour et de poésie. Il me fait un peu penser à Michel Audiard.)
Ne dites rien : montrez
Par exemple:
Je suis sortie ce matin pour promener mon chien. Il était tout excité car il n’était pas allé se balader depuis la semaine dernière, à peine un aller-retour pour faire son petit besoin dans la rue. Il faut dire que je n’ai pas eu beaucoup le temps de m’occuper de lui dernièrement. Comme il n’arrêtait pas d’aboyer et de sauter partout, et que je voulais chercher sa laisse dans le placard, ça m’énervait. Je me mis à lui crier d’arrêter.
VS
Médor sautait partout, grattait à la porte et jappait, pendant que je cherchais partout sa laisse, encore à moitié endormie. Mais où est-ce que j’avais pu ranger cette fichue laisse la dernière fois? Je tentais d’ouvrir le placard, en essayant d’éviter le chien qui bondissait entre mes jambes. « Tu vas arrêter de faire ce cirque, oui ! »
Quand vous montrez à votre lecteur ce qu’il est censé ressentir, vous le prenez pour un imbécile. Utilisez les actions, les évènements et les paroles, afin de montrer ce que le personnage ressent. Votre lecteur empathique sentira « avec lui ».
J’ai aussi écrit pas mal de conseils dans cet article « 27 techniques de storytelling pour booster vos écrits » pour enrichir votre écriture. Des 5 sens au rythme de la phrase, en passant par des astuces psychologiques, vous aurez pas mal de pistes pour travailler.
Les erreurs à ne pas commettre
Faire du style
Imiter le style de quelqu’un en espérant s’attirer sa notoriété, c’est comme jouer avec de la superglue, ça risque de rester collé à vous un bon moment avant que vous puissiez vous en débarrasser. Sans parler de la honte et de la gêne que vous éprouverez lorsqu’on vous démasquera, c’est aussi le meilleur moyen de vous faire vivre la pire des expériences au niveau de l’écriture.
En imitant quelqu’un, vous dites à votre Soi qu’il ne vaut rien, qu’il est condamné à marcher dans les pas de l’autre sans jamais laisser ses propres traces. De plus, vous bridez votre spontanéité en l’enfermant dans un faux-self, observable et imitable à souhait, ce qui peut vous faire intégrer à vie des réflexes qui ne sont pas les vôtres.
D’autre part, n’essayez surtout pas de prendre vos textes « mal écrits » et d’y apposer des « effets de style », cela produira la prose la plus indigeste qui soit. Imaginez prendre une mayonnaise ratée et y incorporer de la mousse à raser pour lui donner un aspect compact. Vous voulez empoisonner vos lecteurs ou quoi?
Non. Comprendre pourquoi la mayo n’a pas monté (tous les ingrédients doivent être à la même température. C’est ça le secret de la mayo. De rien) et la refaire avec la bonne technique.
Les clichés éculés
Utiliser des formulations littéraires surutilisées donnera envie à votre lecteur de prendre une grosse baguette de pain pour taper sur votre béret.
D’ailleurs, j’ai utilisé exprès le titre « cliché éculé » pour vous montrer ça. Vous lisez « cliché éculé », franchement, vous n’avez pas envie de me pendre par les pieds? Les expressions ou groupes de mots qu’on a employé 1 million de fois en littérature finissent par crisper votre lecteur, et lui procurent des petits tics nerveux aux coins des lèvres, résultat de la contraction intense de sa bouche qui tente de hurler: « JE TE HAAAAAAIS, »
Donc EXIT, les groupes de mots à la noix comme « clichés éculés ». (À la limite, on préférera « enculés de clichés », si on n’a pas trop peur de heurter la sensibilité de nos lecteurs.)
D’autres clichés immondes à éviter, à moins que vous ne cherchiez le conflit (ou que vous avez un sens de l’humour très 3ème degré):
-Le soleil darde ses rayons (Je ne sais pas qui tu es, ni où tu te trouves, mais je vais te trouver et te tuer)
-Le métro vomit son flot de voyageurs (Et moi je vomis ta famille, les amis de ta famille, ainsi que ta descendance sur 3 générations)
-Il balaie d’un revers de la main (Essaie de balayer avec ton cul pour voir !)
-Ecouter un morceau en boucle (Oh regarde ce que j’ai trouvé dans ma poche : )
-Il réalisa que rien ne serait plus jamais comme avant. (Mais ensuite, il réalisa que tout était exactement comme avant.)
-Elle avait les yeux bleus comme l’océan et les cheveux blonds comme les blés (Mais elle avait 8 ans.)
-Tu sembles lire en moi comme dans un livre ouvert (Nous avons le regret de vous informer du suicide de Sophie Gauthier)
Et que c’est tes rats, et que c’est tes rats…
Et pour bien faire, utilisez le « Détecteur de clichés », géniale application créée par Pascal Perrat. (Pour info, mon article contient 1% de clichés, soit « pourrait peut-être » (plutôt une maladresse), « que de » et « tout d’abord » (plutôt des fautes grammaticales), mais je les laisse, car j’aime bien mon petit 1% d’imperfection. hihi.
Se justifier de sa nullité par l’excuse du style
–> Personne ne vous lit alors que vous êtes persuadé d’être le nouveau Houellebecq?
–> On vous a fait plusieurs fois la remarque que vos textes étaient trop « chargés » ou pas assez « fluides », les plus polis auront grimacé un « C’est spécial ! »?
–> Votre bande d’amis déclare que vous êtes un génie, mais dès que vous confrontez votre prose au monde extérieur, vous vous cassez la gueule de vos échasses?
–>Votre dernier livre a été encensé sur le forum « Les écrivains du net », mais les éditeurs que vous avez harcelés contactés ont classé votre adresse mail comme spam?
Bref, si vous êtes dans ce cas, et que vous continuez à clamer: « De toutes façons, personne ne comprend rien à mon style », sachez-le, vous êtes nul. Désolée.
Ah certes, vous pourriez être un John Kennedy Toole. L’auteur de la Conjuration des imbéciles fut rejeté par toutes les maisons d’édition et il se suicida croyant qu’il était nul, alors qu’il était en réalité un génie. Oui, ça arrive. Bien-sûr. Si vous pensez vraiment être dans ce cas, contactez-moi et donnez-moi le premier paragraphe de votre prose à lire. Je serai honnête avec vous. Pas méchante, mais juste honnête. Je ne possède pas le monopole du bon goût, mais je sais reconnaître le génie quand il y en a, même s’il ne me plaît pas.
Essayer de plaire à tout le monde
Rappelez-vous bien de cela:
Quoi que vous fassiez, il y aura toujours des gens pour le critiquer.
Le pire qui pourrait vous arriver, c’est que personne ne vous critique. Si personne ne parle de vous, ne vous parle de ce que vous faites, ne vous adore ou vous déteste, vous êtes sûrement fade à mourir. (Oui on peut mourir de fadeur, je l’ai lu, une fois, quelque part).
Lancez-vous ! Proposer sa vision, son style aux yeux du monde, c’est prendre le risque d’être critiqué. Il sera bien plus facile d’oser si vous vous attendez à la critique et aux jugements négatifs, que si vous espérez les éviter.
Et surtout, n’ayez pas peur d’être bizarre ! Le monde est rempli de bizarrerie, et les plus bizarres sont les plus intéressants. Montrez vos particularités, osez être TROP, ou déplacé, ou drôle. Des gens trouveront votre humour nul, oui! Et d’autres se fendront la poire! Combien de mails, de commentaires et de tweets j’ai eu disant: « J’ai bien ri! » et combien ont pensé sans osé le dire: « Pfff, non mais quel humour à deux balles… » Si vous pensez cela, écrivez-le d’ailleurs. Et avec votre véritable pseudo, n’est-ce pas, Anonymous?
À présent que vous avez lu cet article, écrivez un petit texte, puis prenez le texte d’un auteur connu, que vous admirez et faites lire à quelqu’un ces deux textes. Si la personne peut dire lequel est de l’écrivain et lequel est de vous, vous avez perdu. Recommencez jusqu’à ce qu’on ne puisse plus déceler l’amateur du professionnel. 🙂 Amusez-vous bien !
Pour aller plus loin
Mon Carnet Créatif : 300 exercices d’écriture et de créativité pour booster vos écrits !
Ateliers d’écriture : Chaque mois, un atelier en vidéo et en direct pour apprendre des techniques d’écriture !
N’hésitez pas à partager cet article, et à m’écrire un commentaire (avec votre style) !
Exercice pour trouver son style d’écriture
Choisissez une scène très simple : une personne attend quelqu’un dans un café. Écrivez-la une première fois comme vous le feriez spontanément. Puis réécrivez-la en accentuant successivement votre humour, votre sens du détail, votre sensibilité, votre colère, votre goût du suspense ou votre poésie.
Comparez ensuite les versions. Les passages qui vous ressemblent le plus, ceux que vous prenez le plus de plaisir à relire et ceux qui semblent les plus naturels indiquent souvent la direction de votre style personnel.
À retenir
Pour trouver son style d’écriture, il ne faut pas chercher à paraître écrivain. Il faut écrire assez longtemps pour que votre manière de penser, de ressentir, de raconter et de choisir les mots devienne reconnaissable. Les influences vous nourrissent, mais votre style naît de la façon unique dont elles se mélangent à votre expérience.
Questions fréquentes pour trouver son style d’écriture
Qu’est-ce que le style d’écriture ?
Le style d’écriture est l’ensemble des choix qui rendent un texte reconnaissable : vocabulaire, rythme, longueur des phrases, images, humour, niveau de langue, point de vue, thèmes et manière d’exprimer les émotions.
Comment trouver son style d’écriture quand on débute ?
Commencez par écrire beaucoup, lire des auteurs différents et noter ce qui vous touche. Ne cherchez pas immédiatement l’originalité : observez plutôt les habitudes qui reviennent naturellement dans vos textes.
Combien de temps faut-il pour trouver son style d’écriture ?
Il n’existe pas de durée fixe. Le style évolue avec les lectures, les expériences et la pratique. Vous pouvez repérer rapidement certains traits personnels, puis continuer à les affiner pendant des années.
Peut-on s’inspirer du style d’un autre auteur ?
Oui. L’imitation ponctuelle est un excellent exercice pour comprendre le rythme, la syntaxe ou les images d’un auteur. Le but est ensuite de mélanger plusieurs influences à votre propre sensibilité, sans reproduire durablement une seule voix.
Comment savoir si l’on possède déjà un style ?
Relisez plusieurs textes écrits à des périodes différentes. Si les mêmes rythmes, obsessions, types d’images, formes d’humour ou manières de construire les phrases reviennent, votre style est déjà en train d’apparaître.
Faut-il utiliser des figures de style pour avoir du style ?
Non. Les figures de style sont des outils, pas une identité. Une écriture simple, précise et très personnelle peut avoir beaucoup plus de caractère qu’un texte chargé de métaphores ou d’effets.
Pourquoi mon écriture paraît-elle plate ?
Une écriture peut sembler plate lorsqu’elle reste générale, prudente ou abstraite. Ajoutez des détails précis, des émotions réelles, des opinions, des images personnelles et des choix de rythme plus assumés.


Bonjour,
Je suis rassuré d’ être un génie en dépit du fait de ne pas maîtriser le codes du langage du Net. Je demeure en effet nettement meilleur avec une page et un style haut.
Bien à vous
Fabrice
Bonjour Sophie,
Voilà, je suis allé sur un forum marocain où il était question de poésie avec un exercice à effectuer: composer un poème avec ces 6 mots: Bouteille, religion, glace, ciel, forum et fraise. Voici ma composition et qu’ en pensez vous ?
Des montagnes de religions ici bas, qui regardent le ciel éternel à venir
dans des bouteilles qui nous enferment, et le forum des fidèles qui ne sait plus à
quel saint se vouer en devient presque athée d’ une foi perdue qui glace pour ainsi
dire le sang, quand il va se réfugier sur des pages d’ ordinateurs pour expier sa foi perdue
et trouve une nouvelle voix, celle du modernisme et des futiles microprocesseurs, procession
alors d’ addicts et même de damnés qui a perdu Dieu en cours de route, et n’ ira pas aux fraises.
Voilà voilà
Qu’ en pensez vous ?
C’ est beau, hein…non mais sérieusement ?
Quelle en est votre critique ?
Bien à vous et bon dimanche
Fabrice
Très bon articles. C’est un sujet qui n’est pas souvent abordé. Merci Sophie pour la valeur apportée.