Comment pratiquer le journaling et changer votre vie

pratiquer le journaling

Écriture personnelle

Journaling : une méthode pour clarifier votre esprit

Le journaling, c’est tenir un journal régulier pour poser ses pensées, clarifier son esprit et retrouver un espace intérieur plus calme. Ce n’est pas seulement “raconter sa journée” : c’est une méthode d’écriture libre qui peut aider à mieux organiser ses pensées, à se connaître et à relancer sa créativité.
Dans cet article, je vous explique comment faire du journaling concrètement : quand écrire, combien de temps, quoi écrire, pourquoi ne pas vous relire, et comment transformer cette habitude en rituel durable.

Journaling : ce qu’il faut retenir

Pour faire du journaling, écrivez régulièrement, au moment qui vous convient le mieux, sans vous juger et sans chercher à produire un joli texte. Le but est de laisser sortir ce qui encombre l’esprit, puis d’accéder peu à peu à une pensée plus claire, plus personnelle et plus créative.

Comment faire du journaling en 5 étapes

ÉtapeCe qu’il faut faire
1. Choisir un supportPrenez un carnet, un cahier ou un bloc-notess réservé à votre journaling.
2. Écrire sans filtrePosez vos pensées telles qu’elles viennent, sans corriger, trier ou chercher à bien écrire.
3. Ne pas vous relireLe journaling sert d’abord à vider l’esprit, pas à produire un texte littéraire.
4. Écrire assez longtempsPrévoyez au moins 20 à 30 minutes, et jusqu’à 1 heure si vous voulez aller plus loin.
5. Répéter l’habitudePlus vous faites du journaling, plus l’écriture devient naturelle et libératrice.
Avez-vous remarqué ? Faire votre ménage vous donne instantanément le sentiment d’avoir les idées plus claires.
C’est que la façon dont nous gérons notre intérieur est un reflet de la façon dont nous gérons nos pensées. Selon le psychanalyste Alberto Eiguer, l’intérieur de notre logis symbolise l’intérieur de nous-mêmes, le logis de notre âme.
C’est pourquoi ranger, par effet miroir, provoque une association dans notre esprit : si la maison est bien rangée, notre cerveau a tendance à ressentir plus de clarté. Un peu comme sourire devant son miroir fait croire brièvement à notre esprit que nous sommes heureux.
Mais cette association est temporaire. Après avoir ressenti cet élan de motivation suite au rangement — c’est décidé, je vais reprendre ma vie en main ! — vous décidez finalement de vous affaler sur votre canapé tout propre pour mater Stranger Things. Mais cela peut attendre demain…
Alors comment ranger et nettoyer notre esprit en profondeur afin de récupérer cet esprit rangé, clair, qui vous permettra d’accéder à votre source intarissable de créativité et de motivation ? En pratiquant le journaling.

Le journaling, c’est quoi ?

écrire le matin pour faire du journaling
Le journaling consiste à écrire régulièrement pour clarifier ses pensées.

Le journaling, c’est tout simplement le fait de tenir un journal de façon régulière. Il s’agit de poser à l’écrit nos pensées pour mieux les clarifier et les ordonner.

Il existe mille et une façons de pratiquer cette habitude. Depuis plusieurs années que je la pratique intensément, j’ai pu observer non seulement ses multiples bienfaits, mais aussi ses meilleures applications.

Comment faire du journaling et changer votre vie ? C’est ce que je vais vous expliquer dans cet article, ainsi que les effets incroyablement bénéfiques de cette pratique millénaire.

Pourquoi faire du journaling ?

Notre cerveau traite chaque jour un nombre d’informations bien supérieur à sa capacité d’assimilation. Et vous aurez beau ne regarder vos mails que deux fois par jour, le bombardement d’informations de notre société actuelle est beaucoup trop intégré à nos vies pour que nous puissions le trier correctement.

Ce que l’on nomme surcharge informationnelle, ou “infobésité”, est d’ailleurs le sujet de nombreuses études aujourd’hui.

À l’origine, le cerveau est fait pour assimiler les informations acquises au cours d’une vie tribale toute simple au sein de la nature. Il peut apprendre chaque jour de nouveaux fruits ou améliorer sa méthode de chasse. Occasionnellement, il doit réfléchir intensément pour faire face à une situation difficile.

Tout ce qui déborde de ce cadre de vie est considéré comme une surcharge. En cas de surcharge à petite dose, la nuit, il peut la traiter pendant notre période de sommeil paradoxal, dont nous avons quelques réminiscences, appelées rêves.

Mais notre société nous remplit d’informations que nous essayons vainement de trier, créant un effet de tonneau des Danaïdes que l’on s’épuise à vider en vain. Cette surcharge peut alimenter le stress, la fatigue mentale, les difficultés de concentration ou les troubles du sommeil.

Le journaling peut aider à mettre de l’ordre dans cette surcharge, à ralentir le flux des pensées et à mieux distinguer ce qui vous préoccupe réellement. C’est aussi un excellent point d’entrée pour retrouver une pratique d’écriture régulière, surtout si vous avez du mal à continuer à écrire sans abandonner.

La question n’est donc pas seulement de savoir pourquoi écrire, mais comment faire du journaling sans se juger, sans se censurer et sans transformer cette pratique en devoir scolaire.

oui et non
Le journaling aide beaucoup, mais il ne remplace pas une hygiène de vie globale.

Mais est-ce que le journaling seul peut résoudre mes problèmes et me donner une belle vie ? À cela je répondrai : oui et non.

Non, parce qu’évidemment, une hygiène de vie saine en complément de cette pratique est indispensable. Commencez par éviter au maximum la surcharge d’informations : diminuez votre temps de connexion à internet, éteignez votre téléphone régulièrement, faites-vous des journées “off”, évitez de lire les pubs, et ne consultez pas les actualités à tout bout de champ.

Voyez ici par exemple comment éviter la surcharge mentale et conserver votre énergie en mettant en place des routines pour vos habitudes banales.

Il sera aussi indispensable de vous occuper de votre bien-être physique et mental, en mangeant correctement et en fréquentant des personnes qui vous font du bien. Si vous avez tendance à la dépression ou au mal-être, il sera tout indiqué de consulter un professionnel afin de mettre de l’ordre dans votre passé.

Et si je réponds oui aussi à cette question, c’est parce qu’écrire chaque jour, de la manière que je vais vous indiquer plus bas, vous permettra de nettoyer tellement bien votre esprit que vous commencerez à avoir naturellement envie de prendre soin de vous.

En fait, notre esprit, si on arrête de le distraire constamment, possède une étonnante capacité à faire émerger ce qui demande notre attention — de quoi faire blêmir de jalousie plus d’un four à pyrolyse. Alors, imaginez qu’on lui offre toutes les conditions et ustensiles optimaux pour l’accomplissement de cette tâche ?

Une précision importante

Le journaling peut aider à organiser ses pensées, à prendre du recul et à mieux comprendre certaines émotions. Il ne remplace cependant ni un diagnostic, ni une thérapie, ni un traitement médical. Si l’écriture fait remonter une souffrance importante ou des souvenirs traumatiques, mieux vaut en parler à un professionnel.

Comment faire du journaling de manière efficace

comment faire du journaling dans son lit
Faire du journaling peut commencer dès le réveil, avant que la journée ne vous avale.

À force d’écrire chaque matin, et en mettant en parallèle mes apprentissages théoriques et pratiques de mon ancien métier de thérapeute, j’ai fini par développer une méthode rigoureuse pour optimiser au maximum le nettoyage de cet immense dépotoir à informations inutiles que contient votre esprit torturé.

Faire du journaling de cette façon peut aussi vous aider à mieux comprendre certains automatismes, à mettre des mots sur des expériences anciennes et à rouvrir l’autoroute de votre créativité en berne.

Non, lancer mille projets en même temps qui ne vous correspondent pas, tout en rêvant à une vie meilleure, pour finir par vous sentir complètement vide, n’est pas créatif et encore moins productif. Le journaling peut justement vous aider à distinguer un vrai désir d’une agitation mentale. C’est complémentaire d’un travail pour trouver votre style d’écriture ou construire une pratique plus personnelle.

Ne pas vous juger

Pour écrire en toute sérénité, et de façon prolifique, il faut offrir à votre cerveau un espace de sécurité affective et mentale, qui vous a fait défaut depuis tant d’années.

La société vous juge constamment. Depuis vos parents qui critiquent votre comportement, aux professeurs qui critiquent vos centres d’intérêt, votre enfance n’a été que jugement.

Et quand je dis jugement, je dis jugement négatif et positif : le jugement est le contraire de l’acceptation. Il dit “bien ou pas bien”, plutôt que “je comprends” ou “j’essaie de comprendre”.

Le jugement a été posé sur vos pensées et vos actes par ceux qui ont tenté de s’approprier votre existence, et cela pour des raisons plus ou moins fumeuses, citons le fameux : “Il faut que tu travailles dur pour m’éviter de ressentir que j’ai travaillé moi-même comme un abruti toute ma vie pour cinq semaines de liberté par an gagner ta vie plus tard”.

Or, le cerveau ne s’épanouit pas dans le jugement, terreau toxique, mais dans le laisser-être, terreau fertile. À partir du moment où vous ne portez pas atteinte à autrui, en dépassant ses propres limites, vous devriez être en droit de faire ce que bon vous semble.

La crainte du jugement produit une grave oppression mentale, qui représente aussi un travail intense de répression pour votre cerveau déjà débordé.

Pour cette raison, tout ce que vous allez écrire, ne le montrez pas. Jamais. À personne. Je parle du journaling bien sûr, pas de vos romans ou de vos articles destinés au public.

Cachez votre cahier, cachez votre bloc-notes, enfermez-le dans une boîte cadenassée si vous vivez en famille.

Ne le faites pas lire à une personne que vous voulez séduire après lui avoir dit un soir éméché que vous écriviez. Ne le faites pas lire à votre meilleure amie de la mort qui tue, parce que quand même, c’est votre potasse de la mort quoi. Nous rappelons que même le pote juge, même si c’est positivement.

N’offrez pas votre journal en pâture au jugement.

Une fois cette règle assimilée, permettez-vous d’écrire ce que vous n’avez jamais osé écrire.

Écrivez “pouet” 127 fois d’affilée, des gros mots qui feraient dire “tututu !” à votre grand-mère préférée, des fautes d’orthographe qui provoqueraient beaucoup de chagrin à Madame Pinson, votre professeur de français de 4e2, et surtout, grand dieu, n’écrivez pas avec des pleins et des déliés ! Libérez-moi ce grand médecin qui est en vous : écrivez comme avec une pelle.

J’utiliserai cette expression qu’un professeur de théâtre m’a enseignée il y a maintenant plusieurs années : écrivez comme vous respirez.

Quand vous respirez, vous ne réfléchissez pas à comment inspirer et expirer. L’écriture libre, c’est pareil : vous écrivez sans lever la tête pour réfléchir à ce qui a l’air bien ou non.

Vous ne savez pas quoi écrire ? Écrivez “Je ne sais pas quoi écrire”. Oui, même douze fois. Soyez bien à l’écoute de vos pensées. Ne faites pas le tri en contenant les pensées que vous jugez être “n’importe quoi”. Ce principe rejoint d’ailleurs les méthodes utiles contre le syndrome de la page blanche : on cesse d’attendre la phrase parfaite, et on recommence à écrire.

Par exemple, vous êtes en train d’écrire sur votre métier, soudain vous pensez “je vais manger des céréales quand j’aurai fini d’écrire”. Eh bien, ne censurez pas cette pensée : écrivez-la. Oui, perdez le fil de votre précédente pensée, car votre cerveau seul connaît la route de la régénération.

On ne contrôle pas ses rêves, n’est-ce pas ? Ne contrôlez pas votre pensée.

Cela va sans dire : ne vous relisez pas. Se relire, c’est se juger soi-même, et c’est ruiner ce travail. Vous verrez plus bas, dans mon approche des trois parties, pourquoi se relire est absurde.

Je ferai une exception : au cours de votre troisième et dernière partie de séance d’écriture, vous créez un texte que vous estimez digne d’être publié, ou vous concevez un prototype qui vous permettra de gagner des millions, ou autre. Alors oui, vous pouvez dans ce cas surligner ou encadrer cette partie uniquement et la recopier ailleurs, pour l’utiliser. Parce qu’il ne s’agit plus de se juger, mais de créer.

Quand et à quel rythme faire du journaling ?

journaling comment faire
Le rythme du journaling compte autant que le contenu.

Voici ce que j’ai observé : un bon journaling appliqué consciencieusement finit par se décliner en trois parties.

Dans ma méthode personnelle, ces trois parties apparaissent plus facilement lorsque j’écris longtemps, parfois jusqu’à une heure. Vous pouvez cependant commencer par dix ou vingt minutes : la durée utile dépend de chacun.

Les 3 parties du journaling

La première partie est le nettoyage de l’immense dépotoir de pensées que votre esprit a accumulé au cours des années. Selon votre âge, il sera plus ou moins gros.

Pendant les premiers mois de journaling, il est possible que votre cerveau n’ait envie que de nettoyer, sans libérer les deux autres parties qu’il estime moins essentielles.

Ce que vous écrirez est un peu comme aller aux toilettes du cerveau : vous évacuez l’inutile. Voilà pourquoi vous relire est absurde. C’est comme ré-avaler votre… enfin bref, pas d’image.

Au bout de plusieurs mois, ou même tout de suite pour certains, cette étape peut prendre une trentaine de minutes.

La deuxième partie, c’est l’analyse et la compréhension de votre passé. Au cours de cette étape, vous posez à plat vos réflexions sur tel ou tel événement, vous vous avouez des vérités pas forcément faciles, vous pleurez en vous rappelant un traumatisme, ou vous riez en comprenant le comportement d’une personne.

Cette partie peut durer entre vingt et trente minutes, parfois moins, parfois davantage.

Au cours de la troisième partie, vous créez. Une fois bien nettoyé, votre cerveau se sent tout propre, du moins pour aujourd’hui, et laisse émerger sa joie naturelle.

C’est l’état d’esprit propice à l’évolution, aux projets, à la construction, aux décisions, et cet état de flow provoque une grande énergie et une grande motivation.

Cette étape peut durer dix à trente minutes. N’hésitez pas à déborder de l’heure si vous vous sentez en proie au génie de la création. C’est souvent dans cette zone que peuvent naître des idées d’histoires, des embryons de scènes ou même des idées de romans.

Journaling : écrire au réveil

S’il n’est aucunement défendu d’écrire aux heures qui nous chantent, le journaling tel que je vous le propose doit être pratiqué à dans les premières minutes après votre réveil en émergeant de votre nuit.

Pourquoi ? Petit cours de sciences bidum bidum.

Notre corps possède deux systèmes nerveux. Le premier est appelé système nerveux sympathique, car il pense toujours à ramener des bières et des chips en soirée. Bref, j’ignore pourquoi on l’appelle comme ça.

Mais ce qu’il faut savoir, c’est que ce système nerveux-là est celui que l’on utilise quand on est actif : prendre un stylo, parler, sauter, manger…

L’autre, appelé parasympathique, est utilisé quand on dort, que l’on se repose ou quand on digère. C’est un peu le système nerveux feignasse, mais hyper cool dans son genre.

Et maintenant, petit quiz : quel système nerveux est surtout associé à l’activation, à la vigilance et à la réponse au stress ?

  • Réponse A : le système nerveux parasympathique
  • Réponse B : le système nerveux sympathique
  • Réponse C : le système nerveux supersonique

Oui ! Réponse B, bravo. Tu as répondu A ? Tu y étais presque, essaie encore. Tu as répondu C ? Tu es ivre.

Du coup, pendant le sommeil, l’équilibre du système nerveux autonome se modifie. Au réveil, nous traversons une période de transition particulière, avec des pensées parfois plus flottantes et moins immédiatement filtrées.

D’où les sentiments bizarres du réveil : des rêves, émotions et préoccupations peuvent encore affleurer pendant quelques toutes petites minutes. Des minutounettes de rien du tout. C’est un peu triste.

Donc vous l’aurez compris, au réveil, vous avez un créneau de quelques minutes pour écrire “au radar” et laisser émerger des pensées que l’activité de la journée recouvrira peut-être ensuite.

C’est un peu comme si au réveil, le dépotoir de vos pensées vous prêtait un énorme tractopelle pour aller ramasser sous ce gros tas, là. Oui, le gros là-bas.

Alors, à moins que vous n’ayez envie de faire le pipi de votre vie, ne vous levez pas. Prenez directement votre carnet et votre stylo, placez vos oreillers en dossier, vos genoux en table d’écriture, petite lumière, et c’est parti.

procrastination et journaling
Oui, je vous vois venir avec vos excuses.

Oh, je vous connais, procrastinates de la première heure, vous cherchez des excuses pour ne pas le faire.

Alors je vais répondre aux trois plus gros freins que l’on m’a avancés depuis que j’explique cette méthode à la Terre entière, ou presque.

Frein n°1 : je ne dors pas seul(e)

Il existe un truc appelé lampe frontale. Ou mieux, des petites lampes à LED qui se clipsent sur votre bloc-notes. Ou autre idée que vous allez trouver vous-même pour écrire dans votre lit sans réveiller votre moitié, car vous avez vraiment envie d’écrire le matin au réveil.

Frein n°2 : je me lève déjà super tôt

Laissez-moi vous présenter Madame Matinphobe, oui moi-même. Pendant des années, je me suis sentie littéralement violentée quand je devais me lever aux aurores.

Mon corps était proprement scandalisé. Moi et mon cerveau nous réunissions pour élaborer des stratégies de grande envergure dans le seul but de ne pas respecter cette oppression sociale : activer le snooze, faire tout à vitesse divisée par quatre, téléphoner pour dire qu’on est malade, et vous en connaissez d’autres.

Eh bien, aujourd’hui, certes, je ne suis pas ce que l’on peut appeler “du matin”, mais je vis très bien de devoir me lever aux aurores si je le dois. Il m’arrive même d’avoir des périodes où j’ai envie de voir se lever le soleil pendant quelques semaines et de l’apprécier.

C’est qu’écrire le matin vous donne de l’énergie. Vous aurez beau dormir huit heures, si vous n’avez pas cette heure pour vous occuper de vous et votre nettoyage mental au réveil, vous serez en situation de fatigue mentale.

Car une part importante de la fatigue peut être mentale, même si la fatigue physique existe évidemment aussi, répétez après moi.

Dans les témoignages que j’ai reçus, beaucoup de personnes disent se sentir moins encombrées mentalement après avoir mis en place ce rituel. Bien sûr, cela reste une expérience personnelle et non une garantie. Je connais même des personnes qui se lèvent à cinq heures pour écrire, parce que sans ça, elles seraient trop fatigués la journée : une heure de plus de sommeil contre une charge mentale libérée.

Frein n°3 : je déteste écrire

Et vous allez adorer écrire “Je déteste écrire”, “J’écris comme une patate” et “Écrire c’est le truc le plus pourri de l’univers” pendant une heure, insulter toute la planète, maudire cet exercice et enfin vous sentir soulagé de vous être exprimé.

Il va sans dire que vous devez écrire à la main. Vous mettre un écran et ses multiples stimuli lumineux, tentations d’internet et autres diversions pernicieuses, dès le réveil, serait de la maltraitance.

Prenez soin de vous : votre stylo préféré — j’aime tellement les stylos Frixion — et du papier — j’aime tellement les blocs Rhodia. Symboliquement, cette encre qui coule, mon pote, c’est de la digestion.

Conséquences de cette pratique de journaling

bienfaits du journaling
Les bienfaits du journaling apparaissent souvent progressivement.

Voici quelques-unes des multiples conséquences de cette pratique salvatrice qui vont rejaillir sur vous et votre vie.

Gain d’énergie

Vous pouvez ressentir moins fortement cette fatigue mentale qui vous fait regarder votre vie avec des lunettes à brouillard et remettre tout au lendemain. Vous vous sentez plein d’enthousiasme, l’esprit clair et une furieuse envie de vous mettre au sport, trier vos vêtements, finir ce projet et jouer avec vos enfants.

Votre corps est content comme un chiot qui retrouve son maître après une longue absence : il vous fait une fête pas possible et vous offre tout son amour et sa joie d’exister, vous faisant sentir léger comme une plume.

Créativité

Vous qui vous trouvez intelligent mais sans plus, ou pas vraiment mieux, comme “vivant bien en deçà de vos capacités”, vous vous mettez à créer des concepts, écrire des articles fifous et synthétiser votre pensée avec un tel talent que vous finissez par vous sentir un peu supérieur.

“Ne serais-je pas un génie au fond ?” vous dites-vous avec un plaisir coupable lors de ces phases de créativité intense. Si cette partie vous parle, vous pouvez aussi explorer des exercices pour devenir un génie de la littérature, ou au moins vous amuser beaucoup à essayer.

Sommeil

Et oui, certaines personnes disent mieux dormir lorsqu’elles écrivent régulièrement, notamment parce qu’elles ruminent moins. Mais le journaling ne traite pas à lui seul une insomnie persistante. Elle n’a plus besoin de réveiller votre corps déjà épuisé la nuit pour lui demander de réfléchir activement à ce conflit au sujet de l’imprimante avec votre collègue Josiane.

Cercle vertueux oblige, un meilleur sommeil peut vous donner davantage d’énergie. La boucle est bouclée, j’ai envie de dire.

Confiance en soi

Pour avoir confiance en soi, il faut connaître ce fameux soi. Comment faire confiance à quelqu’un que vous n’avez jamais rencontré, car trop enfoui sous un monceau d’ordures ?

Non, le soi n’est pas ce masque rigide et soi-disant positif que vous tentez de faire avaler à votre entourage comme étant votre nature véritable. Au final, vous devenez désespérément et banalement sympathique, à l’instar du système nerveux qui vous gouverne.

Alors que votre soi est plein de bizarreries charmantes, de dignité et d’égoïsme… Et alors ? T’veux t’battre ? Pour prolonger cette exploration, un test de personnalité d’écrivain peut aussi vous aider à repérer vos fonctionnements créatifs.

Abondance

Je préfère dire abondance qu’argent, car la richesse est de posséder ce que l’on a envie de posséder.

Alors si ce que vous avez envie de posséder s’achète, eh bien, votre créativité se chargera de vous fournir cette inspiration et cette motivation propice à amasser les gains nécessaires.

Soudain, vous avez envie de mieux gérer, mieux vendre, créer votre job, augmenter vos tarifs et la qualité de vos prestations, vous débarrasser du superflu ou investir avec sagesse.

Vieillir moins vite

En prenant régulièrement le temps de réfléchir, d’écrire et de rester intellectuellement actif, vous entretenez une habitude qui peut contribuer à votre bien-être au fil des années.

Soyez un vieux plein d’entrain !

Allez, je m’arrête là pour les conséquences, et je vous laisse la surprise de constater par vous-même les bienfaits du journaling sur votre propre vie : vous constaterez peut-être des effets très personnels sur votre propre vie.

Passionné par le sujet et envie d’aller plus loin dans la libération de votre créativité ? Lisez Libérez votre créativité de Julia Cameron.

Et vous, comment pratiquez-vous le journaling ? Dites-moi tout dans les commentaires !

Questions fréquentes sur le journaling

Comment faire du journaling quand on débute ?

Pour faire du journaling quand on débute, prenez un carnet, écrivez quelques minutes plusieurs fois par semaine et notez tout ce qui vous traverse l’esprit. Ne cherchez pas à écrire joliment. Le but est de vider votre tête, pas de produire un texte parfait.

Faut-il faire du journaling tous les jours ?

Le journaling devient souvent plus naturel quand il est régulier. Vous pouvez écrire tous les jours, mais aussi commencer par trois ou quatre séances par semaine. L’important est de créer un rendez-vous stable avec vous-même.

Combien de temps faut-il écrire ?

Pour une pratique simple, 10 à 20 minutes suffisent. Pour un journaling profond, prévoyez plutôt 45 minutes à 1 heure, afin de passer du nettoyage mental à l’analyse, puis à la créativité.

Doit-on relire son journal ?

Dans cette méthode, je conseille de ne pas se relire immédiatement. Le journaling sert d’abord à évacuer et clarifier. D’autres approches utilisent au contraire la relecture pour repérer des schémas : choisissez ce qui vous aide le plus.

Vaut-il mieux faire du journaling le matin ou le soir ?

Le matin peut être particulièrement intéressant, parce que les pensées du réveil sont encore proches des rêves, des émotions et des préoccupations profondes. Le soir peut aussi fonctionner, surtout pour vider la journée avant de dormir.

Le journaling peut-il aider à écrire davantage ?

Oui. Faire du journaling habitue à écrire sans attendre l’inspiration parfaite. Cette liberté peut ensuite aider à écrire un livre, un article, un poème ou un projet personnel avec moins de blocages.

Sophie Gauthier, fondatrice de Contentologue

À propos de l’autrice

Sophie Gauthier

Sophie Gauthier est la fondatrice de Contentologue et pédagogue d’écriture depuis 2015. Elle accompagne les auteurs dans l’écriture de romans, de nouvelles et de livres grâce à des articles, des formations, des ateliers et des outils consacrés aux personnages, à la structure narrative, au style et à la créativité.

En savoir plus sur l’autrice

Sophie Gauthier

Sophie Gauthier est la fondatrice de Contentologue et pédagogue d’écriture depuis 2015. Elle accompagne les auteurs dans l’écriture de romans, de nouvelles et de livres grâce à des articles, des formations, des ateliers et des outils consacrés aux personnages, à la structure narrative, au style et à la créativité.

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54 réponses

  1. ALBERT, Eric dit :

    Bonjour,
    Je suis intéressé par le journaling mais nulle part je ne trouve d’informations sur ce qu’il faut y écrire ?
    Les pensées du matin, oui ok…Ses frustrations ? Ses envies ? Les obstacles qui nous empêchent d’être nous-même ? Les avis sur des gens, l’info, la météo,…? Faut-il y déverser nos pensées les plus scabreuses, les injures bien senties qui nous coincent la gorge ? Le positif comme le négatif…Ai-je bien compris, docteur ?

  2. Heithem dit :

    Hello Sophie,

    Merci beaucoup pour cet article :).
    Je commence en fait mon rituel matinal par de la méditation suivie de 20 à 30 min de yoga. C’est ensuite que je commence à écrire dans mon journal.

    A ton avis est il plus judicieux d’écrire avant ou après avoir médité ?
    Heithem

  3. HERTZ dit :

    Bonjour Sophie,
    que n’ai-je conserver cette habitude que m’avait donnée ma prof de français en 1972 ! eh oui c’était avant hier. Un jour je me suis rendue compte que mon premier conjoint avait certainement lu quelques pages de mes cahiers, 5 ou 6, je ne sais plus et du coup j’ai cessé. Les gamins, le divorce, le boulot, la vie m’ont définitivement séparée de cette bonne habitude et pourtant… je me promets, dès demain, je m’y remets foi de charbonnier !
    Sonia

  4. Amine dit :

    Article très enrichissant et magnifiquement drôle ça va m’aider dans ma pratique du journaling, merci

  5. Aurore dit :

    Bonjour Sophie,
    J’ai un rituel du matin qui me prend déjà 1h. Est-il aussi efficace de n’ecrire que 15 ou 30min?
    Je me vois mal me lever 2h avant chaque jour sachant que je dois partir parfois à 6h de chez moi pour aller travailler.
    Merci d’avance pour ta réponse.

    • Bonjour Aurore,

      Je ne peux pas vraiment te dire ce qui est le mieux pour toi. Je donne ici quelque chose qui a marché pour moi, à toi de voir si tu veux le tenter et d’expérimenter. Tu es la seule qui puisse te faire un avis sur le temps à y consacrer et le moment. Tout ce que j’écris, je ne peux l’écrire que parce que je l’ai expérimenté. 🙂

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