Écrire bien, écrire mieux

Comment écrire un roman (une vraie méthode)

comment écrire un roman

 

         Apprends en 7 jours comment vivre de ton blog : clique !

 

Sérieusement. Quand vous tapez dans le moteur de recherche “Comment écrire un roman”, vous ne voulez pas “10 conseils pour écrire un roman”, ni connaître “les enjeux de l’écriture d’un roman”, et encore moins “les 5 erreurs à ne pas faire lorsqu’on écrit un roman”.

Non. Ce que vous voulez c’est une méthode, qui vous explique comment écrire un roman pas à pas.

Cette méthode est elle LA méthode ? Certes non. Mais elle est un formidable outil qui vous permettra de vous libérer de la technique pour vous concentrer sur la création pure.

Cette méthode va-t’elle faire de vous le prochain Goncourt ? Encore non. Mais elle fera de votre roman un travail propre, qui peut donner à vos lecteurs le sentiment que vous maîtrisez bien votre travail, à défaut d’avoir un réel talent d’écriture. Et si vous possédez du talent, cet outil pourrait bien vous propulser jusqu’au bout de vos rêves. (Là où la raison s’achève).

Sans attendre, voici comment écrire un roman :

 

Faire des fiches personnages

créer personnages roman

Quoi ? Comment ? On ne commence pas par la trame ? Eh bien non.

Imaginez que vous désiriez construire une maison. Vous vous rendez chez l’architecte :

“Bonjour Mr l’architecte, je voudrais une maison.

– Très bien ! Repassez la semaine prochaine, vos plans seront prêts !”

Euh…Il ne manque pas quelque chose ? Comme par exemple, savoir qui va l’habiter ? Combien de personnes ? Quels sont leurs goûts ?

De même, avant de vous lancer dans la structure de votre roman, vous devriez savoir qui va l’habiter.

Vous devriez avoir en toute logique, une idée approximative d’histoire à raconter, même si vous n’avez pas d’intrigue. Quelles que soient vos idées de base, mettez-les à plat, très rapidement :

  • L’histoire d’une fille à qui il arrive plein de malheurs
  • L’histoire d’un mec qui fait le tour du monde et rencontre des personnages mystérieux
  • L’histoire d’une personne qui évolue tout au long de sa vie. Je voudrais que ce soit un peu comme dans “tel roman”, avec beaucoup d’aventures.
  • Un roman  policier avec un meurtre vraiment difficile à résoudre et une femme qui enquête, très originale.
  • Un roman d’amour très triste qui finit mal.

Dans toutes ces idées de base, même très floues, il y a toujours au moins un personnage à traiter en premier. Très certainement votre héros. C’est par celui-là que vous allez commencer. Vous verrez qu’au fur et à mesure de votre rencontre avec votre personnage, vous allez  trouver votre histoire, les autres protagonistes, et de nombreuses idées que vous n’auriez pas pu avoir autrement. Ces idées seront bien meilleures si elles partent de bons personnages, plutôt que d’un contexte historique ou de votre simple imagination. Vos personnages seront une bibliothèque de recherche plus fournie et plus organisée que votre imagination brute.

Et pourtant, tout va partir de vous et de bonnes questions à poser :

 

Posez des questions à vos personnages

fiches personnages

Pour que vos personnages soient vraiment intéressants, il faut qu’ils ressemblent le plus possible à des personnes.

Quelle est la différence entre un personnage et une personne ? Nous allons faire un petit exercice (rigolo à faire hihi) :

Pensez à la personne de votre entourage que vous connaissez le mieux. C’est bon ? Ok.

Si je vous demande : “Qu’est-ce que cette personne aime manger le matin ?” Vous pouvez répondre. Facile.

Si je vous demande : “Quelle est son animal préféré ?” Facile aussi.

Maintenant, si je vous demande : “Que dirait cette personne si vous lui annonciez que vous partez vivre en Australie pour toujours ?” C’est un tout petit peu plus long à imaginer, mais tout aussi facile.

Parce que vous connaissez parfaitement cette personne. Et comme toute personne, elle est composée d’un vécu, d’une expérience, et de millions de facettes différentes qui permettent de la considérer comme une “vraie personne”. Ce qui la compose, nous l’appellerons son bagage.

Même les gens qui ne la connaissent pas, voient cette personne remplie d’un certain bagage, agir, vivre, etc. C’est ce qui permet à sa boulangère ou n’importe quelle personne qu’elle croise dans la rue, de la juger d’une certaine façon, en la sentant comme faisant partie des humains. C’est aussi ce bagage qui lui permet d’agir et de vivre d’une certaine façon, avec une logique qui lui est propre.

Donc, pour créer un personnage intéressant, on lui donne un bagage, le plus rempli possible.

“Mais j’aurai jamais assez de pages !” pleurniche Anne-Clotilde, qui en est à sa 104ème question concernant les lapins de garenne.

C’est qu’il faut poser des questions pertinentes par rapport au contexte. Si par exemple, vous souhaitez créer un personnage aventurier, il faudra lui poser des questions concernant des situations dans lesquelles il pourrait se retrouver. Si c’est un roman d’amour, sur ses sentiments les plus complexes.

Mais il ne faut pas se leurrer. Ce travail de création de personnage vous demandera du temps, et vos fiches pourront faire 30 pages chacune si besoin. Il faut vous passionner pour ce travail, et si vous le faites bien, il sera passionnant.

Voici comment procéder dans l’ordre :

  1. Organisez-vous pour créer vos fiches. Word, ou Evernote, classez. Un fichier Word, ou un carnet de note par personnage.
  2. Trouvez une photo qui corresponde, ou dessinez votre personnage. Vous devez avoir son visage sous les yeux pour lui poser des questions plus facilement.
  3. Tapez rapidement le plus de questions possibles sur la vie quotidienne (famille, nourriture, hygiène, habillement, habitudes, sommeil…) Pour trouver des idées, imaginez-vous le déroulement de votre journée à vous, et demandez-vous “Que ferait mon personnage à ma place ?”
  4. Cherchez des questions plus poussées sur les pensées, les sentiments, les opinions de votre personnage. Pour trouver des idées, faites un tour sur Facebook, et regardez la timeline : que penserait votre personnage de cet article ? De cette vidéo ? De cette personne ? Politique, humour, rêves, psychologie…Votre personnage pense et ressent.
  5. Posez des questions sur son rapport aux autres. Quel es son rapport avec son père, sa mère, ses amis ?
  6. Passez aux questions très précises, comme une interview spécialisée. Inspirez-vous du contexte dans lequel vous voulez le placer. Si cette personne est une femme inspecteur de police, posez-lui des questions comme “Comment tu as vécu ton école de police ?” ou “Est-ce que tu es victime de misogynie dans ton travail ?”
  7. Passez à la maïeutique. Posez des questions de plus en plus poussées à votre personnage. À chaque affirmation de sa part, demandez-lui “pourquoi ?” Ne vous contentez jamais d’une réponse évasive, généraliste.
  8. Demandez à votre personnage de vous révéler ses secrets : que ne dirait-il à personne ? Jamais ?
  9. Des questions sur l’enfance. Je vais vous expliquer cela un peu mieux dans la partie suivante.

Intéressez-vous à votre personnage comme à une vraie personne ! Soyez très curieux. Votre personnage à des tonnes de choses à révéler.

 

À ne pas faire

  • Utiliser une personne qu’on connaît, et s’en servir entièrement pour en faire un personnage.
  • Être généraliste. Faire dire à votre personnage “Je m’entends bien en général avec les gens” Beurk ! Pas bien ! Bouh !
  • Créer un personnage dont la principale caractéristique est d’être “gentil”. Aaaaaaaaaaaaaaahhhh… (Je me suis enfuie en courant.)

 

Créer des personnages intéressants

personnage intéressant

Un personnage intéressant, est un personnage avec de la profondeur, des reliefs, et des contrastes. Il est impossible de créer un bon personnage qui soit entièrement bon, ou entièrement mauvais.

Pour que votre personnage possède du relief, vous devez lui donner des psychopathologies. Même si celles-ci sont bénignes, comme la claustrophobie de Robert Langdon ou l’addiction à la cocaïne de Sherlock Holmes. Mais plus ces troubles mentaux seront particuliers, graves, ou réputés incurables, plus vos personnages auront de relief.

Voici une liste des pathologies pour vous inspirer.

Je vais vous donner un petit secret de psy : pour que votre personnage méchant soit un vrai méchant, il faut lui donner ces 3 pathologies, aussi appelées “la triade noire“. Et donc, si vous souhaitez que votre héros soit attachant, il ne faut lui donner aucun de ces traits, et surtout pas ces 3 combinés ! À la limite, le narcissisme seul peut fonctionner.

Et c’est là, que nos questions sur l’enfance vont avoir un rôle très important à jouer. Vous avez sûrement entendu, et peut-être le pensez-vous aussi, que “tout ne vient pas que de l’enfance” et que “c’est trop facile de tout expliquer par l’enfance”.

Ok. Quelle que soit votre opinion là-dessus, croyez-moi, si vous n’expliquez pas ces pathologies par l’enfance de vos personnages, vous n’obtiendrez que des psychopathes creux et des paranoïaque plats.

Il vous faudra faire quelques recherches pour essayer de comprendre les raisons qui peuvent pousser un enfant sain à devenir à un moment donné “phobique” “psychopathique” ou “maniaque”. Si vous faites naître votre personnage “fou” (et vous remarquerez que ce trouble mental n’existe pas), vous n’aurez aucun relief, aucune motivation dans les actes, aucune raison dans les motivations, et cela va vous enlever des éléments du bagage dont vous aurez terriblement besoin tout au long de votre rédaction.

N’oubliez pas de donner des qualités à vos méchants. Ce sont justement ces qualités qui feront ressortir sa dangerosités. Si un psychopathe est intelligent, élégant, beau et organisé, vous en faites un pervers narcissique terrifiant.

 

 

Élaborer une trame

trame roman

Si vous avez créé vos personnages avec passion et curiosité, vous devriez à présent avoir une bien meilleure idée de votre histoire. En vous révélant leurs secrets, leurs pensées les plus profondes, leur enfance, leurs motivations, vos personnages vous ont indiqué très simplement dans quelle situation les placer.

Pourtant, il est tout à fait possible que vous n’ayez pas encore la trame complète, ni le dénouement. Pour cela, je vous recommande de suivre le schéma suivant :

  1. Situation initiale
  2. Élément perturbateur
  3. Péripétie
  4. Dénouement

 

La situation initiale

La situation initiale, c’est votre personnage principal qui vit sa vie de tous les jours. Même si cette vie est incroyable, déjà particulière en soi, il faut placer ici des actions et événements non perturbateurs du quotidien. C’est le “Il était une fois” de votre histoire.

Plus votre élément perturbateur viendra troubler ce quotidien, plus votre roman sera intéressant.

Pourtant, c’est le contexte dans lequel ce quotidien se déroule, qui donnera à l’élément perturbateur sa valeur. Si votre personnage est tranquillement en train de manger un yaourt quand l’élément perturbateur survient, ça ne donnera rien de très intéressant. Par contre, s’il était en train d’assister à l’enterrement de son frère jumeau…ou de travailler sur un projet d’envergure, ou encore de vivre son quotidien d’enfant maltraité par son oncle et sa tante, quand soudain il reçoit une lettre…

 

L’élément perturbateur

Le rôle de l’élément perturbateur est de venir bouleverser le quotidien du héros. Si votre EP ne change pas radicalement la vie de votre personnage principal, changez-en.

Il faut vraiment que tout change d’une minute à l’autre, de manière irréversible. On ne doit pas pouvoir résoudre l’EP en 5 minutes, ni l’ignorer. C’est le bateau qui fait naufrage sur une île déserte, c’est un gain de 800 millions au loto, c’est le kidnapping de son enfant…

Dans le cas d’un roman d’aventure, ou d’un thriller, l’élément perturbateur sera beaucoup plus facile à introduire si vous créez un destinateur. Kékséksa ? Un destinateur, c’est Gandalf qui vient annoncer à Bilbot sa quête, ou le responsable des services secrets qui vient trouver Indiana Jones pour aller chercher un trésor. Plus le destinateur est un personnage important au niveau social, plus l’aventure prendra d’importance. Plus la quête promet de grandes choses, plus elle prend de l’importance.

En savoir plus sur les bons éléments d’une histoire.

 

Les péripéties

péripéties

Les péripéties sont des obstacles à la résolution. Plus ces obstacles sembleront insurmontables, plus votre héros devra faire preuve d’ingéniosité. Il est important que vous donniez à votre héros la possibilité de puiser dans ses ressources.

Dans une histoire d’amour, les obstacles empêcheront les amants de se retrouver.

Dans un roman d’aventure, ils empêcheront le héros de trouver le trésor.

Dans un roman policier, ils empêcheront l’enquêteur de trouver le meurtrier.

Les péripéties constituent ces obstacles et la manière toujours plus ingénieuse qu’aura votre personnage de les résoudre.

L’idéal est d’avoir un obstacle apparemment insurmontable, et un ou plusieurs amis pour aider votre héros à les surmonter. Ce qui est formidable avec les amis du héros, c’est que vous pouvez leur donner des capacités que votre héros n’a pas.

Ils peuvent être très riches, avoir de grandes compétences techniques, être magicien, célèbre, ou supérieurement intelligents. Ce que votre héros n’a pas, son ami le possédera. C’est ainsi que le meurtrier appelle pour dire qu’ “une bombe va exploser au Japon dans 1h” et que l’ami du héros possède justement un avion de chasse qui lui permettra d’arriver à Tokyo 10 minutes avant l’explosion.

 

Le dénouement

Le dénouement devra résoudre le dernier obstacle (le plus gros de tous), et rétablir l’harmonie. Le trésor devra être trouvé, le naufragé rentrer chez lui, le meurtrier arrêté ou tué…

Il est très important que votre dénouement résolve tous les problèmes rencontrés, explique tous les mystères, remplisse son contrat de promesse. Si vous avez placé des amis sur le chemin de votre héros, il est très important de leur offrir leur dénouement à eux aussi. Ils doivent donner de leurs nouvelles, on peut les montrer 10 ans plus tard, vivant leur vie de manière épanouissante.

Le dénouement, dans l’idéal, devrait améliorer la vie du héros. Sa vie a été changée, il serait dommage de le faire revenir strictement à la même vie qu’avant. Il doit avoir reçu une leçon de vie, et prendre des décisions pour son futur à partir de cette leçon. Il peut aussi avoir rencontré l’amour sur son chemin et se mettre en couple. Il peut avoir gagné de l’argent, et avoir une nouvelle vie, plus aisée. Il peut déménager, arrêter de boire…

 

Créer une structure

structure roman

Votre trame créée, vous pouvez ensuite jongler avec ses éléments et les placer dans l’ordre que vous souhaitez ! La structure est une forme, et celle-ci créera tout le suspens de votre trame.

Vous pouvez commencer votre roman par la fin. Vous pouvez révéler le meurtrier à votre lecteur, mais pas à votre enquêteur. Vous pouvez créer des histoires parallèles, comme le font très bien Haruki Murakami (dans le merveilleux La fin des temps par exemple) ou Stephen King.

Si par exemple, votre meurtrier est en réalité le meilleur ami du héros, il pourrait être intéressant d’intercaler avec l’enquête les actions de celui-ci, sans révéler au lecteur qu’il s’agit de lui. Un chapitre “enquête”, un chapitre “actions du meurtrier” s’alternant jusqu’à ce que les deux histoires se rejoignent.

Stephen King est très fort pour commencer ses histoires par de nombreuses situations initiales et présentations des personnages, en créant un chapitre pour chacun. Progressivement, ces différents personnages interagiront entre eux, pour finir par se retrouver tous en un même lieu. Il s’agit d’une structure en forme de pyramide à l’envers.

Essayez de dessiner votre structure en créant un mindmap. Il existe de nombreux logiciels de mindmapping sur le web, très simples à utiliser.

Si vous n’êtes pas très à l’aise avec le fait de jongler ou inverser vos éléments, commencez déjà par mettre en parallèle des événements censés se dérouler au même moment.

Par exemple, un chapitre avec le héros sur son bateau qui se dirige vers l’île déserte, le chapitre suivant montrant son ennemi installant un piège sur l’île en prévision de son arrivée.

Une fois que vous avez votre structure, il ne vous reste plus qu’à remplir !

La rédaction du roman

écrire un roman

Et voilà pourquoi de nombreuses personnes qui entament l’écriture d’un roman échouent à le terminer. Elles commencent par cette étape ! Elles écrivent le premier chapitre, et abandonnent, maudissant leur paresse ou leur procrastination, alors qu’elles n’ont en fait aucune méthode.

Maintenant que vous avez votre structure, vous devriez donner un titre (même si vous ne le donnerez pas forcément à lire à vos lecteurs) à chacun de vos chapitres. Que vous conserviez, modifiez ou supprimiez ces titres, ne dépendra que de vos goûts. Jules Verne faisait de ses titres de chapitres de véritables petits chefs-d’oeuvres, par exemple, dans le Tour du monde en 80 jours : “Dans lequel Phileas Fogg et Passepartout s’acceptent réciproquement, l’un comme maître, l’autre comme domestique.”

Rédigez tout vos titres de chapitres, dans l’ordre que vous avez décidé. Et maintenant vous allez  :

 

Remplir les cases

Pour écrire très facilement vos contenus de chapitres, je vous conseille de procéder comme suit :

Tout d’abord, écrivez votre chapitre de façon résumée, par exemple :

L’inspecteur est au restaurant et il voit arriver le meurtrier sans la salle. Il va se cacher pour pouvoir ensuite le suivre discrètement.

Puis vous décomposez votre résumé en mini-titres :

  • L’inspecteur est au restaurant
  • Le meurtrier arrive dans la salle
  • L’inspecteur se cache
  • Le meurtrier mange et l’inspecteur le regarde
  • Le meurtrier quitte le restaurant
  • L’inspecteur suit le meurtrier

Dans chacun de ces mini-titres, vous allez pouvoir rédiger votre histoire. Et cela facilement, grâce à vos fiches personnages.

À présent, je vais vous expliquer comment, d’une part, passer du stade d’écrivain moyen, à celui de bon écrivain, et d’autre part comment utiliser vos fiches personnages comme une grande réserve, une merveilleuse caisse à outils :

 

Comment bien écrire

comment écrire bien

L’un des secrets d’une bonne écriture, est de suggérer plutôt que montrer. Grâce aux fiches personnages, vous allez pouvoir tout dire, et trouver quoi dire, par des actions et des attitudes correspondant à vos personnages, plutôt que d’utiliser des descriptions fadasses.

C’est la grande différence entre :

Gwénaëlle parlait avec son amie. C’était une fille très prétentieuse et qui méprisait les hommes.

et :

Elle plissa les yeux et porta sa cigarette au coin des lèvres. “Les mecs, t’en fait ce que t’en veux. Ils sont tellement cons.” Elle leva la tête, et souffla sa fumée en direction d’un homme imaginaire.

Grâce à une fiche personnage de Gwénaëlle, vous savez qu’elle fume, de quelle façon, comment elle parle, le genre de choses qu’elle dit, vous avez son visage en tête, ses attitudes, vous pouvez donc la décrire par ses actions.

Utilisez les effets produits sur l’environnement. Quand le meurtrier pousse la porte du restaurant, s’il est du genre brutal, il poussera la porte en grand, au lieu de l’ouvrir délicatement. Le froid pénétrera alors dans le restaurant. On saura qui il est en partie, par le froid qu’il fait rentrer dans la salle où il pénètre.

Quand quelqu’un s’assoit lourdement, utilisez le bruit produit par sa chaise plutôt que de dire “il s’assit lourdement”. Quand il fait nuit, parlez de la lumière des réverbères (y a pas de réverbères en plein jour, eh oui patate).

Utilisez du dialogue, plutôt que de décrire. “Ah tu m’énerves !” Plutôt que “Il était très énervé”.

 

Créez du contexte

Dans vos questions posées à vos personnages, vous avez créé de multiples situations permettant à celui-ci de se révéler. Insérez ces contextes dans votre roman, et vous donnerez du corps à votre contenu.

La simple question : “Que manges-tu au petit-déjeuner ?” permet une scène dans laquelle le héros se réveille, prend son petit déjeuner, avant de recevoir un appel important.

Les pensées et opinions peuvent être révélées dans vos dialogues avec les différents protagonistes rencontrés. Par exemple, si votre héros doit se rendre sur un lieu important avec son ami, faites-le parler sur le trajet et donner son opinion sur divers éléments. Voyez votre roman comme une suite de prétextes à insérer vos caractéristiques de personnages et vous obtiendrez de nombreuses scènes attachantes, intéressantes, profondes.

Votre héros est maniaque ? Dans quelle situation pourrait-on le mettre régulièrement qui révèle sa maniaquerie ? Lorsqu’il parle avec quelqu’un, il peut toujours avoir envie de relever le col de la personne, de le recoiffer. Et si cette personne est son coéquipier, et qu’elle est justement du genre à se laisser aller, et à être bordélique…

Au final, votre trame est très simple, et peut être résumée rapidement. Ce qui crée du corps, ce sont vos personnages, et leur manière de réagir face à des contextes spécifiques.

 

Utiliser des verbes d’actions plutôt que d’état

Comptez le nombre de verbes être et avoir qui se trouvent dans votre dernière production littéraire. Oui hein ? Beurk ! Remplacez tout ça par des verbes d’action, et vous obtiendrez une écriture riche, dynamique et bien plus vivante.

Il était sur le point de partir – > Il enfila son manteau.

Il avait une carie -> Sa dent cariée le torturait.

La rue était étincelante de soleil -> Le soleil projetait ses rayons sur les flaques d’eau des trottoirs.

Il était 5h -> 5h sonnèrent.

J’avais reçu mon bulletin trimestriel et j’avais peur que mes parents le voient – > De la pile de prospectus, tomba une petite enveloppe sur laquelle menaçaient les terribles mots “Bulletin scolaire”. Je la cachais rapidement dans la poche de mon manteau.

 

Supprimer

La dernière étape de votre roman devra être la suppression sans états d’âmes de vos multiples lourdeurs et redondances.

Soyez intransigeant. Votre texte gagnera en force si vous évitez les répétitions. Vous doutez de ce qu’il y a à supprimer ? Partez du principe que chaque phrase contient quelque chose à supprimer et demandez-vous quoi.

Les lourdeurs les plus communes :

  • Les points d’exclamations. À part dans vos dialogues, et cela bien-entendu, uniquement lorsque le personnage s’exclame, ne mettez aucun point d’exclamation dans votre roman. Genre zéro.
  • De même avec les parenthèses. Les parenthèses sont très malvenues dans un roman. Même dans de très bons romans, je suis toujours heurtée par la présence de parenthèses. À bas les parenthèses.
  • Guettez les multiples adjectifs qualificatifs dans une même phrase : “Il était très nerveux et troublé”. Bim. On choisit nerveux ou troublé. Et d’ailleurs, on avait dit pas de verbes d’états. Donc il va falloir trouver dans vos fiches personnages de quelle manière le personnage peut montrer sa nervosité. “Il se rongeait l’ongle du pouce.”
  • On croit souvent qu’insister permet d’appuyer notre propos. Mais on ne fait que l’affaiblir. “Elle s’énerva et cria sur le type.” “Il dévora et engloutit sa cuisse de poulet.” “Elle voulait devenir une aventurière, pour vivre passionnément, librement, et follement.”
  • Les adverbes. Ils peuvent souvent être remplacé par un mot plus précis. “Vraiment très grand = Immense” “Vraiment très petit = minuscule” “Presque toujours = souvent”
  • Quand le personne parle normalement, utilisez le verbe dire. Non, pas proférer, ni décréter.

 

 

Et voilà ! Vous possédez une méthode pour écrire un roman. Si vous suivez cette technique à la lettre, vous aurez un roman tout à fait correct et publiable. Il y a des best-sellers qui utilisent à peine la moitié de ce que je viens de vous apprendre…

Et si vous avez d’autres techniques, ou bien des questions spécifiques sur cet outil, n’hésitez pas à les partager dans le commentaires. 🙂

 

Sophie Gauthier
Sophie Gauthier est spécialiste en stratégie de contenu. Elle donne sur son blog des conseils pour mieux rédiger et gagner sa vie avec la rédaction web.
Vous aimerez lire
Comment trouver son style d’écriture
écrire un livre
37 techniques pour enfin écrire un livre

Poster un Commentaire

29 Commentaires sur "Comment écrire un roman (une vraie méthode)"

Me notifier des
avatar
tamba
Invité
tamba

J’ai vraiment apprécié cet article. Je recherchais depuis un bon moment une méthodologie de travail afin de débuter l’écriture de mon roman. Vos conseils me serviront énormement. Je vous e remercie.

JenniferL
Invité
JenniferL

cela fait plusieurs mois que je cherche un article pour savoir comment écrire un roman. Merci beaucoup Sophie. Ton article est vraiment un article utile car tu expliques comment écrire un chapitre.

Laeileo
Invité
Laeileo

Je ne commente jamais les articles que je lis (et Dieu sait que j’en lis une bonne paire par jour !). Et pourtant là, j’ai envie de te remercier Sophie. J’aime ton blog, j’adore ton style et un grand grand merci pour tes conseils précieux !!

Tiphaine
Invité

Merci pour cet article hyper complet, clair, précis et didactique juste ce qu’il faut. J’avoue que ça va me donner pas mal de clé pour continuer/commencer l’écriture de ce que j’ai toujours voulu écrire. Merci 🙂

Romaric Michelet
Invité
Romaric Michelet

Juste, merci. Je trouve cet article absolument parfait ! Je commente très rarement les articles que je lis mais là, je tenais vraiment à le dire.

Eve
Invité

Merci pour cet article très instructif 🙂

Bertille
Invité
Bertille

Bonsoir, cet article est juste parfait !
J’ai 15 ans et mon plus grand rêve est d’écrire un livre alors je me lance et ce que vous venez d’expliquer m’aide énormément.
Le problème c’est que je n’arrive pas an trouver de dénouement, j’ai tous les éléments sauf le dénouement…
Merci encore

lazzoun
Invité
lazzoun

Bjr Sophie des années que je cherche à terminer une autobiographie ,merci pour tes conseils.

Théo Rossi
Invité

Salut Sophie, ça fait un bail !
Je n’ai pas pour projet d’écrire un romain prochainement, mais j’ai adoré parcourir ton article. Pour ton style (comme toujours) et la bonne méthode que tu proposes.
Sincèrement, je m’en aiderai si j’ai envie de m’essayer à écrire un roman. J’ai trouvé super le concept de poser des questions à ses personnages. On creuse bien plus leur personnalité comme ça, et elle ressort complexe au final. Donc merci pour cet article 🙂 A bientôt

Samuel ~ Consultant seo
Invité

Salut Sophie, je découvre ton blog et je remarque déjà l’ambition d’icelui : m’apprendre à écrire un roman, mais malheureuse j’ai déjà du mal à boucler 2 articles par semestre!
Blague mise à part je reviendrai, on sent que tu ne blagues pas et que tu es une “vraie” rédactrice. 🙂

Olivier V
Invité
Olivier V

J’aime les méthodes de travail : claire et structurée comme tu les présentes. Bravo (sans point d’exclamation 😉 Conseilles-tu d’écrire sous forme de narration, le “je” ou le “Il” ou…les deux…(bref est-ce que la narration permets d’avoir (euh non …d’obtenir) plus de succès dans les romans ? et dis donc..toi…tu as écris un roman ? un scoop pleaaaaase 😉

couturier
Invité
couturier

Merci beaucoup pour ces précieux conseils

CHRISTOPHE DE WEIRDT
Invité
CHRISTOPHE DE WEIRDT

Quelques instants à survoler cette méthode pour confirmer son contenu, et une nouvelle fois y apprécier ton professionnalisme. L’image d’un peintre travaillant avec minutie sa préparation pour laisser écrire sa créativité ensuite=) c’est un plaisir de te lire !

jaivoulutester
Invité

Merci pour cet article, plein de bonnes idées, à lire et à relire, pour retaper mon livre que je n’ai jamais fini, ceci explique cela 😀
bonne journée
flo

Myrtille
Invité

Merci pour cet article, c’est effectivement une vraie méthode 🙂 Qui sait, elle me sera peut-être utile un jour !

wpDiscuz